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Quand soigner est un crime

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Quand soigner est un crime

Les médecins iraniens Kamiar et Arash Alaei, deux frères engagés depuis plusieurs années dans des programmes de réduction des risques et de prise en charge des personnes vivant avec le VIH dans leur pays, ne pourront pas assister à la conférence de Vienne. Ils ont été arrêtés par leur gouvernement il y a deux ans, accusés d’utiliser leur participation à des congrès internationaux sur le sida pour « fomenter une révolution de velours ».
 
Après un procès qui a duré quatre heures seulement et au cours duquel les deux médecins n’ont pas eu la possibilité de se défendre, ils ont été condamnés, l’un à trois ans et l’autre à six ans d’emprisonnement. Lundi matin, lors de la plénière d’ouverture, alors que les intervenants rappelaient à la tribune les politiques répressives qui encadrent l’usage de drogues dans beaucoup de pays, des amis et collègues des médecins iraniens ont brandi leurs photos et appelé à leur libération.
 
Quand ils ont été arrêtés, les docteurs Kamiar et Arash Alaei préparaient alors leur venue à la conférence internationale de Mexico pour y présenter le programme de réduction des risques, un des meilleurs de la région, qu’ils avaient contribué à mettre en œuvre dans les prisons iraniennes, et qui prévoit la distribution de seringues stériles et de préservatifs aux détenus. Cet exemple est une nouvelle illustration des nombreux paradoxes qui marquent la lutte contre le sida, jalonnée de parcours exemplaires, d’avancées spectaculaires, mais aussi, encore et toujours, de résistances farouches. C’est bien l’un des enjeux de cette 18ème conférence de dénoncer ces idéologies obscurantistes qui empêchent la mise en œuvre d’actions efficaces de prévention et d’accès aux soins pour tous.


Veronica Noseda

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