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Plénière de la conférence mondiale sur le sidaContre le sida : pistes pour demain « La persistance du VIH dans des réservoirs cellulaires où le virus est latent est un des plus grands défis auxquels les chercheurs ont à faire face pour éradiquer le virus de l'organisme », a déclaré Pedro Cahn, président de l'International AIDS Society (IAS), en session plénière du 6 août. Si les connaissances manquent pour comprendre tous les mécanismes du virus, celles disponibles en matière de traitements et de prévention semblent parfois négligées. « Si nous continuons à ignorer les besoins des enfants affectés par le VIH et à marginaliser les groupes les plus à risque, cela nous mènera à plus de contaminations et moins de personnes sous traitement, prévient le Dr Luis Soto Ramirez, coprésident de la 17ème conférence mondiale. Nous paierons cher une telle folie dans le futur. » Cellules réservoirsLe Dr Robert Siliciano (Etats-Unis) de l'Institut médical Howard Hugues et de l'université John Hopkins a présenté des données sur la persistance du VIH chez les personnes sous traitement antirétroviral hautement actif (HAART). Le spécialiste a montré que les traitements bloquaient la réplication du virus mais ne pouvaient l'éliminer de l'organisme parce qu'il persistait dans des cellules réservoirs, notamment les lymphocytes CD4. Ces réservoirs viraux ne sont pas atteignables par les traitements actuels et rendent possible une reprise de la réplication virale au cours de l'infection y compris sous HAART. Selon le Dr Siliciano, ces traitements, qui bloquent la réplication virale, sont l'une des trois étapes nécessaires pour soigner les personnes séropositives. Les deux autres consisteront à identifier tous les réservoirs de l'organisme et à trouver les moyens d'éliminer le VIH latent qui s'y cache. Ce dernier aspect fait l'objet de recherches visant à tester l'efficacité de différentes molécules. Enfants oubliésOn estime que 2,1 millions d'enfants de moins de quinze ans vivaient avec le VIH en 2007, dont 90 % en Afrique subsaharienne. Plus de 90 % d'entre eux ont été infectés par transmission maternelle. L'accès des femmes enceintes séropositives aux traitements leur permettant de prévenir la transmission du virus à leur enfant est passé de 10 % en 2004 à environ 33 % en 2007. Ces traitements permettent de diminuer le risque de transmission à environ 1 %. Seulement 198 000 enfants avaient accès aux traitements antirétroviraux en 2007. C'est un progrès par rapport aux 75 000 jeunes patients suivis en 2005, mais encore trop insuffisant. Des millions d'enfants sont affectés par le sida au travers de leurs proches, parents ou éducateurs, et confrontés à une détresse émotionnelle et matérielle sans conséquent. La chercheuse en sciences sociales Linda Richter (Afrique du Sud) a lancé un appel aux gouvernements et aux bailleurs de fonds pour un soutien aux familles de ses enfants. Sex workersC'est la première fois que la question des travailleurs et travailleuses du sexe est abordée en session plénière lors de la conférence mondiale sur le sida, c'est une avancée formidable pour nous », a déclaré Elena Reynaga (Argentine) de l'association RedTraSex. Elle a lancé un appel pour la reconnaissance de leurs droits et pour que les associations communautaires soient mieux soutenues financièrement. Les fonds actuellement alloués à la prévention dans ce domaine sont insuffisants et soutiennent souvent des actions inadaptées aux besoins réels des personnes concernées. Au Brésil, la reconnaissance de la prostitution comme un métier à part entière et le vote d'une loi contre la discrimination envers ceux qui l'exercent, a permis d'importants progrès sur le front du VIH. En Inde, un programme communautaire connu sous le nom de « projet Sonagachi » a fait passer l'utilisation du préservatif de 1,1 % en 1992 à 90 % six ans plus tard. Ces actions locales ont fait diminuer la prévalence à près de 5 % alors que dans d'autres villes indiennes elle peut atteindre plus de 50 %. Aujourd'hui dans le monde, selon le journal Health and Human Rights, 22,5 % des femmes prostituées en Afrique et 35 % en Amérique latine auraient accès à des programmes de prévention. C'est une question de santé publique. Sur ce front, la répression est un des pires ennemis de la prévention. Si les politiques français avaient été présents à Mexico, ils auraient pu méditer ces leçons en direct Neijma Hamdaoui - rédactrice en chef, magazine Transversal << Retour à la liste des actus haut de page |
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