Des progrès mais un défi encore énorme à relever !PTME : Un défi encore énorme à relever L'infection à VIH pédiatrique est un problème de santé publique en Afrique. La transmission verticale du VIH reste la principale voie d'infection des enfants de moins de 15 ans. Depuis 1994, les nombreuses études conduites dans le domaine de la transmission mère enfant du VIH ont démontré l'efficacité des antirétroviraux dans la réduction du risque d'infection par le VIH chez les enfants qui naissent de mère séropositive. Cette efficacité varie en fonction du type et de la durée du traitement : les trithérapies donnent de meilleurs résultats que les monothérapies, ces dernières favorisant le développement de résistance du virus aux antirétroviraux. Les résultats de ces études ont conduit à la mise en place dans les pays à ressources limités de programmes pilotes qui ont confirmé la faisabilité et l'acceptabilité de l'intégration de prestations de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME) dans les services de santé maternelle et infantile en Afrique. Les dernières recommandations OMS 2010 sur la PTME offrent l'avantage de simplifier les options de l'alimentation du nourrisson. Il est ressorti lors de cette 16ème conférence africaine, que si certains pays ont réussi le passage à l'échelle de leurs programmes de PTME (Botswana, Rwanda...), nombreux sont ceux qui présentent encore des résultats moyens voire très bas. En 2010, par exemple, 53 % [40 % - 79 %] des femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont reçu un traitement antirétroviral pour la PTME, avec une disparité selon les régions d'Afrique. Dans certains pays africains, la couverture des besoins en antirétroviraux pour la PTME chez les femmes enceintes infectées est inférieure à 30 %. L'appel lancé en 2009 par l'ONUSIDA en faveur de l'élimination quasi totale de la transmission du virus de la mère à l'enfant à l'horizon 2015 est-il réalisable ? Cet objectif requiert bien plus que la mise à disposition à large échelle des antirétroviraux. Une combinaison d'actions sera utile pour atteindre le but fixé : la prévention des nouvelles infections chez les femmes en âge de procréer est une priorité, de même que la réduction des besoins non satisfaits de planification familiale chez les femmes vivant avec le VIH. La décentralisation des services de dépistage et de prise en charge des femmes enceintes et allaitantes, des enfants voire des familles doit être renforcée et la qualité des interventions améliorée. Les goulots d'étranglements de la PTME, aujourd'hui bien connus, devraient être pris en compte dans les plans d'éradication de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. La lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH est également une priorité pour ces programmes. Dans un contexte de baisse des financements de lutte contre le VIH, la mise en œuvre des plans d'éradication de la transmission du VIH de la mère à l'enfant semble une utopie. Il faudrait une volonté politique soutenue, un plaidoyer permanent et une responsabilité plus grande dans l'utilisation des ressources. Réjane Zio Responsable du pôle « enfants » des programmes internationaux de Sidaction Retour à la liste des actus |
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