La technique SAMBA pour améliorer le dépistage précoce des nourrissonsLa technique SAMBA pour améliorer le dépistage précoce des nourrissons En 2010, 3,4 millions d'enfants vivent avec le VIH dans le monde. 91% d'entre eux (3, 1 millions) vivent en Afrique subsaharienne ; 390 000 nouvelles infections sont survenues chez les enfants dont une grande majorité en Afrique au sud du Sahara. Sans traitement, la moitié des enfants infectés meurent avant l'âge de 2 ans. A l'échelle mondiale, le taux de couverture des besoins en traitements antirétroviraux pédiatriques (28%, ONUSIDA 2010) est encore faible et reste inférieur à celui des traitements adultes (37%, ONUSIDA 2010). Des études ont également montré que la plupart des enfants sous antirétroviraux dans les pays à ressources limités n'y accèdent que tardivement, à un stade avancé de la maladie. Alors que les dernières recommandations de l'OMS préconisent un démarrage précoce par les antirétroviraux pour tous les nourrissons de moins de 2 ans infectés par le VIH, le dépistage précoce par PCR ne suit pas. Ce test est pourtant le seul moyen de détecter l'infection VIH avant les 12 mois de l'enfant et constitue donc une étape clé pour l'accès à une prise en charge précoce pour les enfants infectés. En 2009, seulement 28% (24-30%) des nourrissons exposés au VIH en ont bénéficié dans les deux premiers mois de vie. La stratégie utilisant les échantillons de sang séché sur papier buvard (Dried Blood Spot ou ‘DBS') permet d'améliorer l'accès au dépistage précoce mais comporte aussi des limites. D'autres innovations s'avèrent donc nécessaires surtout pour les populations les plus éloignées des centres urbains. La technique SAMBA (Simple Amplification Based Assay) basée sur la détection visuelle des acides nucléiques (composants de l'ADN et de l'ARN) sur une bandelette réactive semble répondre à ce besoin. L'appareil, transportable sur une moto, contient des réactifs préchargés, dispose d'un système intégré de contrôle et rendrait le résultat en moins de 90 minutes. La préparation des échantillons est également simplifiée avec cette technique réalisable sur plasma mais également sur sang total. En outre, elle permet de réaliser la charge virale pour tous les patients (adultes et enfants) sous traitement. Cette technique a donné des résultats satisfaisants lorsqu'elle a été comparée à différentes techniques de dépistage précoce (Roche Amplicor...) avec de très bons niveaux de sensibilité et de spécificité. Son installation dans les pays en développement sur des sites encore non équipés et son passage à l'échelle sont donc très attendus par les programmes africains. Réjane Zio Responsable du pôle enfants aux programmes internationaux de Sidaction Retour à la liste des actus |
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