Usage de droguesLes inquiétantes fermetures de programmes de réduction des risques en Eurasie : Que restera-t-il pour les générations futures ?Parmi les 4 millions d'usagers de drogues que compte l'Eurasie, 1,6 millions sont séropositifs. Et encore, ce chiffre ne comprend-il que sur les cas enregistrés. Alors que ce n'est que depuis le début des années 2000 que les bailleurs internationaux s'intéressent à eux, leur attention se détourne déjà. Ainsi, les contributions du Fonds mondial, la principale source de financements, diminuent progressivement. D'autres régions du monde sont prioritaires : des régions plus pauvres et caractérisées par des épidémies généralisées. Les épidémies concentrées chez les usagers de drogues injectables (UDI) dans les pays, au niveau de revenu plus élevé, d'Europe de l'Est, du Caucase et d'Asie Centrale sont délaissées par la communauté internationale. Alors que les gouvernements directement concernés n'ont pas les moyens ou la volonté de prendre le relais. De nombreux programmes ferment Conséquence : dans de nombreux pays, les programmes de RdR ferment alors que la situation chez les UDI est dramatique. En Russie, où vivent 13 % des UDI recensés au niveau mondial, les programmes de RdR ferment parce que le gouvernement refuse de les soutenir, et la méthadone, un des principaux produits de substitution, est toujours illégale. En Ouzbékistan, le programme de substitution à la méthadone ouvert en 2006 vient de fermer. On y trouve cependant l'épidémie au VIH la plus importante en Asie centrale (80 000 UDI). En Lituanie, les programmes de RdR diminuent drastiquement alors que l'épidémie de VIH a doublé en 2009. Géorgie : 60 % du budget « RdR » utilisé... pour la répression C'est donc toute la gestion des finances publiques de ces pays qui doit être révisée et suivie. En Géorgie, en 2009, 60 % du budget alloué à la réduction des risques a été en fait utilisé pour procéder à des contrôles policiers obligatoires (10 millions de dollars US) et pour couvrir les frais liés aux arrestations et emprisonnements (4,5 millions de dollars US) ! Il est donc urgent que les gouvernements prennent acte de la nécessité de soutenir pleinement les programmes de RdR. Au-delà du simple échange de seringues. Laura Martelli pour Sidaction, Liverpool, 21e Conférence internationale de réduction des risques, 26 avril 2010. haut de page |
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