• Accéder aux Donateurs
  • Accéder aux Bénévoles
  • Accéder à l'espace Presse
  • Accéder aux Partenaires

A qui profite le commerce ?

Bookmark and Share

A qui profite le commerce ?


G20 comme G8 sont intraitables : interdiction de prendre des mesures qui entraveraient la sacro-sainte libre circulation des biens et des services. C'est contraire aux règles de l'OMC et préjudiciable à la croissance. Et aux populations ? 
 
L'Inde assure 80 % de la production mondiale de médicaments génériques. Une production vitale pour des millions de malades du Sud qui n'ont pas les moyens de recourir à certains traitements onéreux. L'Organisation mondiale du commerce (OMC), si elle a restreint - à travers le système des brevets - les possibilités de fabriquer et commercialiser des génériques, reconnaît tout de même le caractère exceptionnel de la santé publique dans les échanges commerciaux.
 
Ce n'est pas le cas de la multitude d'accords bilatéraux de libre-échange en cours de négociation, et notamment de celui entre l'Union européenne et l'Inde. La Commission européenne revendique l'extension du champ de la propriété intellectuelle à travers les brevets et l'exclusivité des données. « Si ces exigences sont entérinées dans l'accord, l'Inde pourrait cesser d'être la "pharmacie du monde" », s'alarme Eric Fleutelot, directeur général adjoint international de Sidaction.
 
De leur côté, les laboratoires continuent de lutter pour garder le monopole de la fabrication des médicaments. Novartis, qui a perdu deux procès contre l'Inde pour faire breveter le Glivec (médicament anticancéreux), a déposé un recours devant la Cour suprême. S'il obtient gain de cause, il pourrait y avoir jurisprudence pour d'autres molécules. Et la vie de millions de personnes pauvres serait menacée.
 
D'où la nécessité d'intensifier les mobilisations sur les accords commerciaux. « Les malades doivent être présents à la table des négociations et les industries pharmaceutiques doivent prendre leurs responsabilités. C'est de vies humaines dont il s'agit. On ne peut pas "raisonner business" dans un domaine aussi essentiel que celui de la santé », prévient Issoufou Tiendrebeogo, président de l'Association African Solidarité (Burkina Faso).
 
 
Myriam Merlant
Publié dans la revue Altermondes

Retour à la liste des actus
haut de page
Sidaction - 228 rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 PARIS - Tél : +33 (0) 1 53 26 45 55