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Trois petits ARN dans le contrôle de la production de VIH

Trois petits ARN dans le contrôle de la production de VIH



L’infection par le VIH résulte d’interactions complexes entre les constituants propres du virus et différents éléments cellulaires. Si le parasite détourne la machinerie de la cellule à son avantage pour produire de nouveaux virus qui iront infecter de nouvelles cellules cibles, l’organisme agit également pour bloquer la multiplication du VIH. Celui-ci fini par contrer les stratégies mises en place par la cellule ou par les utiliser pour persister dans l’organisme de manière silencieuse.
 
 
Il forme ainsi ce que les spécialistes appellent des réservoirs ; des cellules infectées au sein desquelles le VIH est latent (il est présent mais ne se multiplie pas). Dans ces cellules réservoirs le virus est à l’abri des traitements actuels qui ciblent des protéines impliquées dans la reproduction virale.
 
 
Monsef Benkirane, chercheur à l’Institut de Génétique Humaine à Montpellier, a présenté mardi à AIDS Vaccine l’implication de micro-ARN, dans ce mécanisme, permettant au VIH, d’une part de favoriser la production des ses protéines lorsqu’il se reproduit et d’autre part, de rester silencieux dans certaines cellules, à l’abri des médicaments, lorsqu’il est en latence.
 
 
Ces micro-ARN cellulaires sont des petits morceaux d’ARN (acide ribonucléique) produits à partir du génome de la cellule qui interviennent dans la régulation de l’expression des gènes, c'est-à-dire la fabrication de protéines indispensables au cycle cellulaire. L’équipe de Monsef Benkirane a identifié trois micro-ARN différents qui, lorsqu’ils sont produits en grande quantité, favorisent l’expression des gènes du virus (ils recrutent, au bon endroit, la machinerie nécessaire à la fabrication de protéines). En parallèle, les chercheurs ont observé que ces trois micro-ARN sont en quantité négligeable chez les personnes vivant avec le VIH ayant une charge virale très basse (un traitement efficace permet aujourd’hui un bon contrôle de la quantité de virus circulant dans le sang, même si celui-ci persiste dans l’organisme).
 
 
L’augmentation du nombre de micro-ARN dans ces cellules réservoirs entraîne la réactivation de la multiplication du virus. Aussi, ces petits morceaux d’acide ribonucléique sont essentiels dans la régulation de la production du VIH dans les cellules. Maintenir un niveau élevé de ces trois micro-ARN pourrait permettre de purger les réservoirs, voir d’empêcher leur formation.


Sophie Lhuillier, 21 octobre 2009

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