La circoncision sous les projecteurs à MexicoSavoir ce qui se passe avant de couper Lors de la 17ème conférence mondiale sur le sida qui s'est tenue du 3 au 8 août dernier, la circoncision comme mode de réduction des risques a été placée sous les projecteurs. Le chercheur français Yonathan Ganor (soutenu par Sidaction) qui travaille à l'Institut Cochin a présenté les résultats des travaux qu'il mène sur le rôle des cellules de Langerhans dans l'infection par le VIH au niveau du prépuce. Au niveau mondial, 85 % des contaminations par le VIH ont lieu lors de rapports sexuels. La transmission virale s'effectue alors via les surfaces muqueuses sexuelles, portes d'entrée du virus. Chez la femme, plusieurs études ont permis de comprendre le rôle important des cellules de Langerhans dans l'entrée du VIH par la muqueuse vaginale. Ces cellules dendritiques spécifiques sont des présentatrices d'antigènes (éléments étrangers) aux lymphocytes T (défenseurs) dans le but d'activer le système immunitaire. En revanche, la première étape de la transmission du VIH chez l'homme est encore très mal connue. Des études épidémiologiques ont montré que la circoncision apportait une réduction du risque de transmission du VIH de la femme à l'homme comprise entre 50 et 60 %. Quel est le processus d'entrée du virus au niveau du prépuce ? Le prépuce est le petit bout de peau qui recouvre le gland (extrémité du pénis). Il présente une face externe kératinisée (la peau est plus épaisse) et une face interne muqueuse, très peu kératinisée. Cette dernière contient deux fois plus de cellules de Langerhans que la face externe. Lors de la circoncision, l'ensemble du prépuce est enlevé. Deux modèles in vitro ont permis de mettre en évidence le rôle spécifique joué par ces cellules au cours de la transmission du VIH chez l'homme. Elles capturent le virus au moment de son entrée au niveau de la face interne du prépuce et l'adressent aux lymphocytes T CD4. Ainsi, le virus utilise les cellules de Langerhans pour atteindre ses cellules cibles. La face interne du prépuce permettant probablement le passage du VIH, couper ce dernier éliminerait cette porte d'entrée. Cependant, la circoncision ne permet qu'une protection partielle contre l'infection par le VIH. Il existe donc d'autres portes d'entrée au niveau de l'appareil génital masculin. Aucune étude n'est en cours à l'heure actuelle sur ce point spécifique, alors qu'il serait urgent de trouver des réponses dans ce domaine. Par Sophie Lhuillier - Chargée de Communication aux programmes scientifiques << Retour à la liste des actus haut de page |
|
Sidaction - 228 rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 PARIS - Tél : +33 (0) 1 53 26 45 55
|