MSM : adapter l'offrePréconférence Global Forum MSM "Be heard !" Chris Beyrer, directeur des programmes de recherche au Johns Hopkins Center for Public Health and Human Rights a présenté les dernières données disponibles sur l’épidémie de VIH parmi les homosexuels. Les résultats présentés sont issus d’un projet, mené en collaboration avec la Banque mondiale, qui étudie la corrélation entre l’accès à la santé ou le respect des droits fondamentaux des gays et l’épidémie au sein de cette population. Résultat : des taux de prévalence en moyenne 19 fois supérieurs à ceux de la population générale. C’est ce qui ressort de la synthèse de 133 études de prévalence (issues de 130 rapports), effectuées dans 50 pays à bas revenus ou à revenus modérés. De plus, on observe une épidémie globale en forte accélération. Certes, une partie de cette évolution est en fait due aux améliorations des offres de dépistage et du recueil de données concernant les nouveaux cas, essentiellement dans des pays à revenus moyens et bas) ; mais on constate aussi que des épidémies resurgissent (particulièrement parmi les jeunes homosexuels) dans des pays à revenus élevés ou moyennement élevés qui disposaient de toutes les données nécessaires. Si l’épidémie est de plus en plus forte et visible, la réponse est inadéquate et l’accès à la prévention, au dépistage et aux traitements est toujours limité, rappelle l’intervenant qui propose des pistes d’action. Selon lui, « il est plus que nécessaire de réorienter les priorités opérationnelles dans la réponse à cette épidémie spécifique », en améliorant l’offre de dépistage et de soins pour les homosexuels. Une modélisation du Johns Hopkins Center for Public Health and Human Rights, le dépistage et la mise sous traitement de 100 % des homosexuels dans des pays spécifiques (Kenya, Thaïlande, Ukraine) montre un impact significatif sur l’incidence de l’épidémie non seulement parmi les homosexuels mais aussi en population générale. Selon Chris Beyrer, en plus d’un accès au dépistage et aux antirétroviraux, il est nécessaire d’ajouter une composante de réduction des risques liés à l’injection de drogue et un accès aux programmes de substitution pour ceux des homosexuels concernés. Ce qui passera inévitablement par des réponses combinées, notamment dans les régions (Asie, Europe de l’Est, …) où la corrélation entre taux de prévalence parmi les homosexuels et taux chez les usagers de drogues est significative. Michel Maietta haut de page |
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