La guerre aux UDVI en guise de politique de santéEn matière de respect des droits, les usagers de drogues n’ont jamais fait partie des groupes prioritaires. En mettant l’accent sur les programmes de réduction des risques pour les usagers de drogues et le respect des droits fondamentaux, la conférence de Vienne souligne le rôle de booster de l’épidémie joué par les politiques de « guerre à la drogue ». Anya Sarang, présidente de la fondation Anrey Rylkov pour la santé et la justice sociale à Moscou, a rappellé cette évidence dans une intervention émouvante. Et toute sa violence. L’évidence, c’est que sous couvert de lutte contre le trafic de stupéfiants, les gouvernements, à des degrés variables, mènent en fait une guerre contre les usagers. Contraint de se cacher, ils sont moins accessibles aux programmes de prévention et de soins. L’échange de seringues n’est pas possible, la substitution refusée. L’épidémie est donc en expansion particulièrement rapide en Europe de l’Est et en Asie centrale où l’usage de drogues n’est pas accompagné des programmes de santé adaptés, comme l’ont rappelé Vladimir Zhovtiak et Sasha Volgina lors de la soirée d’ouverture. La violence de la guerre aux usagers de drogues, ce sont les exécutions extrajudiciaires en Thaïlande, les rafles policières et les matraquages en Russie, l’enchaînement en guise de traitement de substitution en Indonésie... Tous les groupes exposés aux VIH font face à des politiques discriminatoires qui alimentent l’épidémie. Les usagers de drogues aussi, mais dans un cadre de violence formalisé, institutionnalisé et encouragé en tant que politique publique. Marc Dixneuf haut de page |
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