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L'importance du dépistage

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Si la stratégie test and treat est l’objet de nombreuses présentations, peu portent aussi sur le premier terme de cette combinaison : le dépistage. Quelques posters retiennent cependant l’attention, au regard de la situation française et des efforts visant à toucher les publics les plus exposés. L’agence de santé publique de Barcelone a présenté une intervention menée entre 2006 et 2009 dans quatre saunas homosexuels. Sur 443 hommes testés, les prévalences étaient, selon les années, de 6 à 9 %. Dans la même ville, le Checkpoint poursuit avec succès son expérience. D’année en année les hommes sont plus nombreux à s’y faire dépister : 900 en 2007, plus de 2 200 en 2009. Les prévalences augmentent aussi : près de 5 % pour cette dernière année.
 
Autre problématique, les programmes de dépistage en routine. Ils sont courants, mais généralement implantés dans les pays du sud. Exception à la règle, l’étude menée en France par le Pr. Anne-Claude Crémieux dans 30 services d’urgences de la région parisienne. Elle a à ce jour permis de toucher plus de 8 000 personnes. Près de 5 000 ont accepté de se faire dépister, dont une plus forte proportion de migrants africains qu’en population générale. Le taux de prévalence n’est pas présenté, l’étude n’étant pas achevée.
 
La France en retard
Une étude proche, menée aux Etats-Unis, conclut à une prévalence de 0,42 %. Un chiffre faible, mais que les auteurs défendent ainsi : certaines de ces personnes, ne présentant pas de profils de risque particulier, n’auraient pas été dépistées dans le cadre de programmes visant les publics les plus exposés.
L’usage des tests rapides se répand dans ces types de programmes, quand celui des autotests ne semble pas aller croissant. Aux Pays-Bas, une étude montre un usage quasi inexistant en population générale, à peine plus prononcé parmi les populations les plus exposées. En Argentine, une autre étude conclut à une certaine attractivité de ces derniers outils : les répondants de cette étude voient dans les autotests un moyen de démystifier et de « dé-stigmatiser » le VIH. Ils s’entendent également sur l’importance d’un accompagnement lors de l’annonce des résultats : ils plaident ainsi pour la mise en place de programmes adaptes aux publics les plus exposés.
 
Enfin, le rôle des pharmaciens n’est pas négligé. Au Pays-Basque, 30 pharmacies ont réalisé près de 3 000 tests de mars à décembre 2009 : un programme innovant, bien accepté tant par les pharmaciens que les clients, mais qui limite l’échange sur la sexualité, difficile a mener dans ces lieux. Une prévalence faible également (0,83 %), mais une stratégie qui a permis de toucher un nombre élevé de personnes exposées au risque de transmission du VIH.
Gageons qu’en France nous développions tant de diversité !
 
 
Vincent Douris


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