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Prévention

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Crédits photos : VIH.org

«Test and treat », nouvelle ère de la lutte contre le sida ?



Utiliser les traitements antirétroviraux comme un moyen de prévention. Si à la conférence de Mexico en 2008, l'idée crispait encore, à Vienne en 2010, le TasP (« treatment as prevention ») fait non seulement consensus, mais est au centre de toutes les attentions.

Il a été longuement présenté lors de la cérémonie d'ouverture. L'enjeu est de taille, puisqu'il ne s'agit pas moins, associé à une amélioration du dépistage (« test and treat »), que de parvenir à stopper l'épidémie. La trithérapie antirétrovirale a pour but principal de limiter la réplication du VIH pour retarder l'évolution de la maladie. Il y a un effet colatéral : puisqu'une fois soignées, les personnes séropositives ont une quantité de virus (charge virale) dans l'organisme très faible, voire indétectable (mois de 50 copies / ml de sang), le risque de transmission est réduit.
Le TasP est au cœur de l'objet de la nouvelle stratégie proposée par l'Onusida, « Traitement 2.0 ». Il est aussi soutenu par de nombreux experts scientifiques et associatifs français - dont Sidaction - dans une tribune publiée samedi dans Libération et sur VIH.org. «Traiter, c'est soigner; traiter, c'est prévenir; traiter, c'est d'abord dépister. Il s'agit donc avant tout de dépister et traiter plus précocement et plus intelligemment», expliquent les auteurs.
 
 
92 % de réduction du risque de transmission

Dans son discours d'ouverture, Julio Montaner, l'actuel président de l'International AIDS Society, a ainsi souligné qu'au delà du « treatement as prevention », il était grand temps de reconnaître que « treatment is prevention » ».
Il a notamment cité deux études récentes parues dans la prestigieuse revue médicale The Lancet. La première, publiée le mois dernier, portait sur des couples hétérosexuels sérodifférents et montrait, après mise sous traitement, une réduction de 92 % du risque de transmission. La seconde, publiée le 18 juillet, porte sur une population d'usagers de drogue injectable dans la province canadienne de Colombie Britannique, et suggère que placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d'infection au VIH. Selon le chercheur canadien, « la lutte contre le sida est à un carrefour ». « Laissons Vienne devenir le début d'une nouvelle ère ».
 

Promesses non tenues

Dans son discours, il a précisé s'être réjoui, à la lecture de la tribune publiée dans Libération le 26 juin par la première Dame française, Carla Bruni-Sarkozy, ambassadrice de bonne volonté du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Elle y expliquait que « traiter tout le monde, c'est couper la transmission du virus. En d'autres termes, arrêter l'épidémie ! », tout en avertissant : « Mais il faut agir, et très vite. » Elle proposait, comme et avec d'autres, la création d'une taxe internationale pour financer la lutte contre le sida. Car le « test and treat » implique la mise sous traitement d'un nombre croissant de personnes vivant avec le VIH, et donc un investissement important. Le fossé ne cesse de se creuser entre les besoins et les sommes disponibles. Et la situation est d'autant plus critique que le désengagement des pays riches menace les progrès sans précédent réalisés pendant la dernière décennie.

« Le président Sarkozy devrait écouter sa femme », a ironisé Julio Montaner. Une plaisanterie qui souligne cruellement l'absence de volonté des responsables politiques. Dans la salle, des militants brandissaient des pancartes : « Broken Promises Kills ». « Les promesses non tenues tuent ».

Renaud Persiaux


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