Une voyelle qui change toutOn s’était quitté à Mexico avec un nouvel acronyme (Tasp – Treatment AS Prevention), on se retrouve à Vienne avec un nouveau paradigme résumé par le mot d’ordre Tisp (Treatment IS Prevention), que le président de l’IAS Julio Montaner ne cesse de publiciser. Derrière ce changement de voyelle se cache un glissement majeur dans le discours sur la prévention. Si le Tasp mettait en relief l’efficacité des traitements dans la réduction de l’infectiosité du virus, et donc la nécessité de les combiner avec d’autres stratégies, le Tisp semble suggérer une hiérarchie dans laquelle le traitement joue incontestablement le rôle central. Certes les données à notre disposition sont spectaculaires, avec une réduction jusqu’à 90 % du taux de transmission lorsque la charge virale est indétectable et contrôlée. Mais faut-il pour autant mettre de côté les succès obtenus en encourageant l’usage du préservatif et des techniques de réduction de risques sexuels, ou en promouvant l’éducation et les droits des personnes ? Par ailleurs, toutes les stratégies, même les plus puissantes sur le papier, ont rencontré des obstacles au moment de leur application « dans la vraie vie ». Questions en suspens Myron Cohen, grand paladin du Tasp et investigateur principal de l’étude randomisée HPTN 052 censée mesurer l’effet sur la transmission du VIH d’une mise sous traitement précoce (entre 550 et 350 CD4 /mm3), a rappelé un certain nombre de ces questions encore en suspens. Parmi celles-ci, le choix de la combinaison thérapeutique à administrer et le moment choisi pour débuter un traitement. Il n’est pas inutile de mentionner d’autres difficultés liées notamment au dépistage et au rôle de la primo-infection dans la diffusion de l’épidémie. Réduire le nombre de personnes qui ne connaissent pas leur statut sérologique n’est pas simple quand bien même de multiples stratégies, souvent audacieuses et adaptées aux populations sont développées. Et toucher ces personnes lors des phases aigues et particulièrement infectieuses ne va pas non plus de soi. Veronica Noseda haut de page |
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