Enfants et VIHEn Afrique, des enfants infectés par le VIH sont sans traitement et des enfants non infectés sont traités pour rien : de la nécessité d’avoir accès aux mesures biologiques !La session « enfants » a été dominée par les questions soulevées par le traitement antirétroviral des enfants infectés par le VIH, l'accès au dépistage précoce par PCR et le suivi biologique en Afrique. Des questions cruciales : le dépistage précoce chez le nouveau-né d'une mère séropositive est en effet particulier. La présence d'anticorps d'origine maternelle décelable chez le nourrisson jusqu'à l'âge de 15-18 mois empêche toute analyse sérologique jusqu'à cet âge. Le diagnostic de l'infection à VIH nécessite la mise en évidence du virus, qu'il s'agisse de ses composants (détection de l'antigène p24) ou de son génome (par la technique de Polymerase Chain Reaction, ou PCR). La stratégie de l'OMS difficile à mettre en œuvre L'OMS propose actuellement des signes « présomptifs » pour le diagnostic de l'infection par le VIH-1 chez l'enfant de moins de 18 mois en cas de sérologie positive. Elle recommande aussi la mise sous traitement ARV précoce de tout nourrisson de moins de 12 moins infecté, indépendamment du stade clinique et immunologique. Mais la faisabilité pratique est difficile, entre autres parce que les formes pédiatriques des ARV sont inadaptées. Plusieurs études révèlent déjà des difficultés dans la mise en œuvre de cette stratégie. Ainsi, les premiers résultats de l'essai PEDIACAM, actuellement menée au Cameroun, auprès des nourrissons de moins de 7 mois, suggèrent une proportion relativement élevée de décès précoces malgré la prise en charge. Des résultats préliminaires à suivre avec attention ! Facteurs « confondants » Une étude rétrospective a quant à elle évalué, cette fois au Rwanda, les signes « présomptifs » proposés par l'OMS. Sur 100 enfants supposés infectés par le VIH sur la base des signes présomptifs OMS), seuls 53 l'étaient réellement. Autrement dit, 47 % des enfants étaient sous traitement antirétroviral sans être porteurs du VIH ! En cause ? Des facteurs confondants comme la malnutrition ou la tuberculose extra pulmonaire, qui peuvent retarder une prise en charge adaptée au profit d'une thérapie antirétrovirale dans ce cas inutile. Les auteurs recommandent donc l'adoption d'une attitude séquentielle pour la prise en charge des enfants présumés infectés par le VIH. En clair : traiter une à une les causes confondantes. Par exemple, face à un amaigrissement, traiter d'abord la malnutrition, puis, si l'enfant ne répond pas bien, de traiter la tuberculose, et enfin et seulement le VIH. La nécessité d'outils de suivi biologique Mais surtout les auteurs plaident en faveur d'un meilleur accès à la PCR et d'un meilleur séquençage des signes présomptifs de l'OMS, sans toutefois écarter le traitement précoce par les ARV en l'absence de PCR ! Dans la même lancée, les bénéfices de l'accès à la charge virale dès l'admission des enfants infectés par le VIH ont été soulignés dans une étude au Bénin. D'après laquelle l'incapacité à mesurer la charge virale empêche l'accès à un traitement ARV précoce chez 80 % des enfants ne répondant pas aux critères cliniques et immunologiques. De l'accès à certains examens biologiques indispensables tels que la charge virale dépend la réduction de la mortalité des enfants infectés par le VIH et la qualité de leur prise en charge. Le plaidoyer doit se poursuivre. Réjane Zio pour Sidaction, Casablanca, 30 mars 2010, 5e Conférence francophone sur le VIH/sida haut de page |
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