Interview de Jean-Marie BlanchardInterview du Directeur de l'Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier (igmm), octobre 2008Sidaction : Comment fonctionne votre laboratoire et sur quelles thématiques principales travaille-t-il ? M. Blanchard : L'igmm est une Unité Mixte de Recherche : cnrs associée à l'Université Montpellier 2, formée de plusieurs petites équipes interactives. Notre activité s'inscrit dans le cadre général de l'étude des mécanismes moléculaires qui sous-tendent le contrôle de l'expression des gènes. Cette étude est déclinée à tous les niveaux de régulation, depuis le décorticage des mécanismes de fabrication des protéines, jusqu'à leur dégradation, en passant par le métabolisme des arn. Nous travaillons, notamment, sur des virus à arn (hiv, htlv, mlv) et à adn (adénovirus) et étudions leurs récepteurs et leur trafic dans les tissus qu'ils colonisent. Nous analysons également les mécanismes de différenciation cellulaire des cellules T qui sont les cibles du vih. Sidaction : Les recherches faites dans votre laboratoire sont très fondamentales, toutefois permettent-elles une ouverture vers des perspectives thérapeutiques ? M. Blanchard : Toutes les recherches de l'igmm, y compris les plus fondamentales, ont en arrière plan des applications médicales. Celles-ci sont soit dans le domaine des biothérapies, telles que les thérapies géniques et cellulaires, soit dans celui de la pharmacologie avec pour finalité l'amélioration de la biodisponibilité, du ciblage et de la spécificité des médicaments. Sidaction : Quel soutien vos équipes de recherche ont-elles trouvé auprès de Sidaction ? M. Blanchard : Plusieurs équipes de l'igmm ont reçu à plusieurs reprises le soutien de Sidaction. De plus, de nombreux jeunes chercheurs n'auraient pas pu travailler dans notre laboratoire sans un financement de l'association. Ainsi, l'aide que Sidaction nous apporte est très importante pour nous. Comme principal exemple, le soutien de Sidaction nous a permis l'an dernier de nous doter d'une nouvelle plateforme technique de tri et d'analyse de cellules. Dans le domaine de la recherche sur le vih, cette technologie a fortement contribué à augmenter les connaissances sur les mécanismes impliqués dans l'infection par le vih. Elle permet d'étudier des sous populations précises de cellules différemment affectées par le virus. Cette aide pour nous est emblématique et exemplaire. Cela nous a permis d'aller vite et aujourd'hui nous avons mis en place un véritable service avec la mise en commun de cet équipement. Sidaction : Dans quelle mesure, à votre avis, Sidaction est-elle actrice de la recherche contre le vih dans votre région ? M. Blanchard : Dans l'exemple que je viens de citer, l'appareil de cytométrie de flux, permettant de trier et de caractériser les cellules a permis à l'ensemble de la communauté scientifique de Montpellier de bénéficier d'un outil indispensable à une recherche de pointe et donc d'améliorer le devenir des personnes infectées par le vih. Le soutien que Sidaction apporte aux chercheurs est crucial, que cela soit sous la forme d'aides aux équipes, pour du fonctionnement ou du personnel technique temporaire, ou sous la forme de financements pour des doctorants ou post-doctorants. A ce titre, la région Languedoc Roussillon illustre bien l'engagement de Sidaction dans la recherche sur le vih ». |
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