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Laboratoire de LBPA

Sidaction et des donateurs en visite au Laboratoire de Biotechnologies et de Pharmacologie génétique Appliquée (LBPA)*

En décembre 2007, une équipe de Sidaction et des donateurs de l'association ont eu l'opportunité de visiter les nouveaux locaux du LBPA, un des nombreux laboratoires soutenus par Sidaction en Ile de France.
 

En visite guidée dans les coulisses de la recherche, les invités ont écouté, observé et interrogé les chercheurs sur leur travail. Ainsi ils ont pu mesurer l'impact des recherches fondamentales menées dans le laboratoire. Celles-ci ont contribué à donner le jour à une nouvelle famille d'antirétroviraux, les anti-intégrases.
 
L'importance des financements de Sidaction dans la réalisation des projets d'une équipe de recherche était ici visible, notamment par le soutien d'étudiants-chercheurs, qui garantissent la poursuite de la recherche sur le VIH.
 
Louis Foissac, donateur à Sidaction ayant participé à la visite : « Lorsque je visite ce laboratoire et que je rencontre les chercheurs, je mesure le retour sur investissement que représente le financement de Sidaction à ces équipes de recherche. C'est d'elles que viendront les résultats et on voit que la recherche avance ! Il y a beaucoup de gens dans le monde qui sont pressés : donc, un grand merci ! »
 
 


Le Laboratoire de Biotechnologies et de Pharmacologie génétique Appliquée (LBPA)

Le LBPA appartient à l'Institut d'Alembert, fédération pluridisciplinaire de 4 laboratoires de recherche au sein de l'ENS (Ecole Normal Supérieure) de Cachan. Il réunit des chercheurs de domaines variés : biologistes moléculaires, biochimistes, biophysiciens, chimistes, virologues, microbiologistes.... Ce qui permet de mener des projets de recherche en transversalité du fondamental à l'appliquer.
Les activités des groupes de recherche du laboratoire sont orientées vers le développement de nouvelles approches pharmacologiques et génétiques notamment pour le traitement de l'infection à VIH.
Jean-François Mouscadet, directeur du LBPA, est membre du Comité Scientifique et Médical de Sidaction depuis 2001. L'équipe de recherche fondamentale qu'il dirige s'est distinguée par ses travaux sur la conception d'une nouvelle famille de médicaments, les anti-intégrases. Cette famille d'antirétroviraux (ARV) a fait l'actualité en 2007. Jean-François Mouscadet est reconnu par la communauté des chercheurs comme la référence scientifique dans ce domaine.

Les paillasses du LBPA, récit de la visite

Une dizaine de personnes se pressent autour des appareils de fluorescence et microscopie, dans une salle de biophotonique du LBPA. Face aux visiteurs, Eric Depré, ancien boursier de Sidaction, aujourd'hui chercheur au CNRS, présente le matériel et détaille les manipulations qui lui permettent de tester les molécules inhibitrices de l'intégrase candidates à devenir des médicaments.
S'il travaille dans cette unité aujourd'hui, c'est « grâce à Sidaction », nous explique son collègue et Directeur de recherche, Jean-Claude Brochon : « L'intégrase, c'est l'objet de recherche le plus difficile a appréhender que j'ai rencontré dans ma carrière. Pour lancer une étude, il me fallait un post-doctorant et un financement. J'ai rencontré Eric Depré qui venait de finir une thèse brillante et je me suis dit : « il me le faut ».
Grâce à Sidaction, Eric a obtenu une bourse de deux années pour intégrer notre équipe de recherche. » Eric enchaîne : « Après mon post-doc, j'ai été recruté par le CNRS et j'ai continué à travailler sur la thématique intégrase. »
Cet exemple n'est pas le seul. Ces dernières années, le LBPA a bénéficié de cinq bourses de Sidaction permettant à autant de jeunes chercheurs d'intégrer ses équipes. Jean-François Mouscadet, directeur du LBPA insiste : « C'est ça qui fait entrer des jeunes dans la recherche et leur ouvre une carrière académique. Pour nous c'est crucial. »
Paola De Carli, directrice des programmes scientifiques , explique : « notre rôle à Sidaction c'est aussi de travailler à l' amélioration du statut des jeunes chercheurs . » Son cheval de bataille : faire bénéficier les étudiants en thèse et les post-doctorants d'un contrat de travail en bonne et due forme. De quoi ancrer la recherche sur le VIH en France.
Un grand merci à Jean-François Mouscadet et à toute l'équipe du LBPA pour l'excellent accueil aux visiteurs !
* CNRS UMR 8113 / ENS Cachan - www.lbpa.ens-cachan.fr

De la molécule au médicament

Contrairement à la transcriptase inverse et à la protéase, qui ont bénéficié de travaux antérieurs sur des enzymes homologues, l'intégrase n'a pas d'équivalent cellulaire ayant déjà fait l'objet de recherche. Cette enzyme, essentielle à la réplication du VIH, s'est donc présentée dans le début des années 90 comme un nouveau défi.
En 2007, le Raltégravir®, premier né de la famille des anti-intégrases, sort sur le marché. Il a fallu plus de quinze années de travail pour mettre au point une thérapie qui cible l'intégrase. En effet, après la caractérisation de l'enzyme il faut tester un très grand nombre de molécules pour en trouver quelques unes aux propriétés bloquantes. Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là. « Des milliers de molécules fonctionnent en laboratoire. La véritable difficulté c'est qu'elles fassent leurs preuves dans l'organisme » prévient Jean-François Mouscadet. Car cela suppose d'abord que la molécule ne soit pas toxique, ensuite qu'elle trouve sa cible ! Au final sur 1000 éléments actifs, un seul parviendra jusqu'à la phase des essais cliniques.
Aujourd'hui le LBPA continue ses recherches pour préparer la deuxième génération d'anti-intégrases, qui deviendra nécessaire lorsque les patients connaîtront des résistances aux médicaments. Cette protéine virale continue à donner du fil à retordre aux équipes : « On ne connaît toujours pas la structure complète de l'intégrase » explique le chercheur. Les efforts continuent.

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