Mexico 2008 : plénière de clôtureMaux de fin Avec plus de 24 000 participants provenant de 194 pays, cette 17ème conférence mondiale contre le sida, la première organisée en Amérique latine, est historiquement la deuxième plus importante jamais organisée. Un appel à lutter contre les discriminations, vecteur majeur de la pandémie, a été lancé et en partie déjà mis en action sur le continent hôte. En plénière de clôture le 8 août dernier, les experts ont rappelé que nombre de personnes renonçaient au dépistage ou aux soins par peur de la violence d'un proche et de ce qui bien souvent la légitime ou la laisse impunie : la stigmatisation à échelle de l'ensemble de la société, parfois inscrite dans les lois. « Les personnes séronégatives souhaitent le rester et celles qui sont séropositives ont peur de transmettre le virus », a rappelé Bruno Spire (France), président de Aides. Il a rappelé que les personnes dépistées qui découvraient leur séropositivité, outre un accès essentiel aux soins, diminuaient en moyenne de plus de moitié le nombre de leurs rapports sexuels non protégés. Bruno Spire a proposé une « trithérapie » contre la stigmatisation qui passerait entre autres par la reconnaissance de l'expérience des personnes vivant avec le VIH comme pairs éducateurs. Sur le front légal, Edwin Cameron (Afrique du Sud), juge à la Cour suprême d'appel, a martelé que les politiques de criminalisation de la transmission du VIH, voire de la simple exposition, étaient non seulement inefficaces mais aussi dangereuses. Selon lui, la multiplication de lois et de procès pénaux, comme aux Etats-Unis, en Sierra Leone ou au Cambodge, menace les efforts réalisés ces dernières années pour lutter contre l'épidémie. Enfin, Zonibel Woods (Canada) de la fondation Ford, a rappelé que la violence envers les femmes était à la fois une cause et une conséquence de l'infection par le VIH pour nombre d'entre elles. Lutter contre la violence, notamment celle exercée par les hommes contre les femmes, est vital pour combattre cette épidémie qui épouse si bien et révèle les lignes de fractures des sociétés. Quelques signes encourageants sur le continent hôte témoignent des premiers effets de la conférence de Mexico : le 31 juillet, le Panama, qui était la lanterne rouge de l'Amérique latine dans ce domaine, a aboli sa loi réprimant l'homosexualité et une déclaration ministérielle latino-américaine commune a été signée le 1er août pour la mise en place d'un programme scolaire d'éducation sexuelle pour les jeunes. La prochaine conférence mondiale sur le sida aura lieu en 2010 à Vienne. Espérons que d'ici là, bien d'autres batailles seront gagnées. Plus d'informations sur www.aids.org et dans le prochain numéro de Transversal qui sera une édition spéciale (disponible en ligne sur notre site le 29 septembre). Par Neijma Hamdaoui - rédactrice en chef, magazine Transversal << Retour à la liste des actus haut de page |
|
Sidaction - 228 rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 PARIS - Tél : +33 (0) 1 53 26 45 55
|