Ne pas perdre les patients de vueNe pas perdre les patients de vue Plusieurs présentations à l'ICASA évoquent la question de la rétention des patients dans la file active, des « perdus de vue » et, plus généralement, de l'observance des traitements sur le long terme. La proportion de personnes ne se présentant plus aux rendez-vous médicaux est parfois très importante comme le montrent trois études menées au Libéria, au Ghana et en République Démocratique du Congo en 2010 et 2011. Les taux de perdus de vue dans certains hôpitaux ou centre de traitement ARV de ces pays peuvent atteindre plus d'un tiers des patients, six mois après leur mise sous traitement antirétroviral. Comme le montre l'étude menée au Ghana, la principale raison empêchant les patients de revenir à leur rendez-vous est souvent d'ordre économique (51% des patients citent des difficultés financières pour payer le transport leur permettant de se rendre régulièrement sur le lieu de délivrance des antirétroviraux). Deux constats communs aux études du Libéria et de RDC sont néanmoins intéressants à relever : d'une part, le moment où on note le plus « d'abandons » se situe dans les premiers mois de la mise sous traitement antirétroviral, et d'autre part, on note un nombre moins important de perdus de vue parmi les patients mis sous traitement dans les années 2005 - 2006 que parmi ceux ayant eu accès à ces traitements dans les années 2008 - 2009. Pour tenter d'expliquer ces constats, les intervenants évoquent un nombre plus important de patients mis sous traitement au fil des années sans que le nombre de personnel soignant ait proportionnellement augmenté. Cela a entraîné une augmentation significative de la charge de travail et donc un temps réduit de consultation pour chaque patient. Or, on sait à quel point la relation entre le médecin et le patient est fondamentale dans la bonne observance des traitements. Si l'implication du personnel non médical dans la préparation au traitement et dans l'aide à l'observance de celui-ci a prouvé son efficacité, on peut cependant s'inquiéter des conséquences des baisses de financement actuelles sur cette implication, et à long terme sur la rétention des patients. Les premières lignes budgétaires coupées sont celles relatives au suivi communautaire et aux activités dites « non-essentielles », c'est-à-dire non médicales. Si le personnel médical est de plus en plus surchargé et les acteurs psychosociaux et communautaires de moins en moins en mesure de travailler, les diaporamas présentant des études sur la question des perdus de vue ont encore de beaux jours devant eux dans les conférences sur le VIH. Florence Thune Responsable de l'unité renforcement des capacités aux programmes internationaux de Sidaction Retour à la liste des actus |
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