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Nutrition et VIH/sida dans les pays en développement

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Un accès difficile à une alimentation équilibrée
 
Le VIH, le virus du sida, et les problèmes de nutrition, forment souvent, notamment dans les pays les plus pauvres, un cercle vicieux. En premier lieu, il faut rappeler qu'une alimentation déséquilibrée, trop pauvre en nutriments essentiels, va provoquer un affaiblissement du système immunitaire. Or, c'est ce système que le VIH va lui aussi contribuer à détruire ; il en résulte un risque accru de développer des infections opportunistes. C'est vrai aussi bien chez le nourrisson, que chez l'enfant ou l'adulte séropositif.
 
Pour renforcer le système immunitaire, et donc la santé de chacun, il est donc conseillé aux personnes vivant avec le VIH d'adopter un régime alimentaire équilibré, qui devrait être même plus riche que pour les personnes non infectées. En effet, l'infection à VIH et les infections concomitantes nécessitent un apport en calorie, en protéine et en vitamines plus important.
 
Or, la très grande majorité des personnes infectées dans les pays pauvres n'a pas les moyens d'enrichir convenablement son alimentation, pour des raisons économiques. N'oublions pas, par exemple, que les familles affectées par le VIH en Afrique voient leurs ressources disponibles baisser en raison de l'augmentation des sommes consacrées aux soins et de la diminution des revenus en raison de la maladie et des décès.
C'est pourquoi la lutte contre le sida intègre de plus en plus en volet nutrition dans le paquet de soins proposés aux familles infectées par le VIH, en particulier dans les pays les plus pauvres.
 
 
Le cas particulier des nourrissons et enfants contaminés

L'alimentation du nourrisson né de mère infecté par le VIH pose d'énormes difficultés aux mères et aux familles qui doivent choisir entre une alimentation maternelle exclusive (pratique inhabituelle en Afrique) et une alimentation par les substituts du lait maternel, coûteuse et nécessitant de bonnes conditions sanitaires et d'hygiène. Le sevrage représente également une période à haut risque de dénutrition d'où l'importance pour les familles de disposer de supplémentation adéquate pour couvrir cette période. Par ailleurs, les enfants infectés par le VIH, notamment en Afrique sont plus exposés aux différentes formes de malnutrition malgré le traitement par les ARV. On estime que la présence du VIH, en dehors de toute infection, augmente les besoins caloriques de 10% ; lorsqu'il existe une complication aiguë, les besoins caloriques peuvent augmenter de 50 à 100%.
 
 
Adapter son régime alimentaire aux traitements

Les adultes séropositifs doivent eux-mêmes veiller à bénéficier d'une alimentation équilibrée et enrichie afin de mieux combattre le VIH et les infections opportunistes. Et ce même s'ils ont accès aux trithérapies. Ces traitements qui allongent la durée de vie et améliorent la qualité de la vie des malades entrainent toutefois des effets indésirables, comme des modifications du métabolisme, qu'il est indispensable de contrebalancer avec un régime alimentaire adapté. Un véritable défi dans un contexte de grande pauvreté.
 
 
Les aides sur le terrain

De nombreuses associations de lutte contre le sida organisent donc des sessions d'information sur l'alimentation et le VIH. Ce sont des occasions d'apprendre à cuisiner de façon adapté pour sa famille lorsqu'on est infecté par le VIH, avec les produits locaux et en respectant les budgets familiaux consacrés à l'alimentation. En complément, des supplémentations alimentaires peuvent être organisées pour enrichir les repas des personnes infectées.
 

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