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Pénurie en personnels de santé au Sud

Pour un suivi amélioré


Le 5 août, les participants à la conférence mondiale ont réfléchi aux moyens de pallier à la pénurie en personnels de santé au Sud. Une meilleure répartition des tâches serait un de ces moyens. Ce manque en ressources humaines (médecins, pharmaciens, infirmières...) est criant dans les pays à ressources limitées.
 
 
Par exemple, au Burundi, on compte 0,03 médecins et 0,19 infirmières pour 1000 habitants, ce qui est largement inférieur aux besoins actuels. Un nouveau modèle de répartition des tâches, expérimenté au Kenya, au Mozambique et en Haïti, a montré une qualité de suivi égale voire supérieure lorsque des infirmiers et conseillers communautaires se voient déléguer une grande part du suivi médical des patients séropositifs.
 


Les patients dits « stables » - dont l'état clinique est bon - peuvent renouveler leur ordonnance d'antirétroviraux chaque mois auprès d'un infirmier qui les leur dispensera aussi. Cela permet un espacement des visites chez le médecin et le pharmacien tous les trois mois et facilite le suivi dans les pays où médecins et pharmaciens ne sont pas facilement accessibles.
 
 
Quant aux conseillers communautaires, ils assurent les visites à domicile, le suivi de l'observance, la gestion des effets indésirables légers et le soutien psychologique des patients. La réussite de tels modèles implique une formation initiale et continue rigoureuse du personnel ainsi qu'un système de référencement efficace vers le médecin ou le pharmacien lorsque l'état de santé du patient se dégrade (patient très immunodéprimé avec un taux de CD4 inférieur à 100 par ml ou atteint d'infections opportunistes ou d'effets indésirables sévères).
 


Ces nouvelles modalités de prise en charge des patients permettent de réduire le temps passé par ces derniers au centre de soin, de désengorger les files d'attente chez le médecin et à la pharmacie, tout en améliorant la qualité du suivi.
 
 
Les consultations, mieux réparties, peuvent en effet durer plus longtemps. La recherche des « perdus de vue » (qui ne se présentent plus aux consultations) est renforcée en étant confiée aux conseillers communautaires. Par ailleurs, le problème de la motivation du personnel des structures hospitalières publiques a été abordé par le Dr Johann Cailhol (qui a été soutenu par Sidaction en 2007), via l'exemple du soutien apporté par le réseau ESTHER à deux hôpitaux de Bujumbura (Burundi).
 
 
Motivation financière des équipes, formation et appui institutionnel ont permis d'obtenir une file active de 3000 personnes vivant avec le VIH dont 85 % satisfaites et une équipe redynamisée (turnover réduit à 8 % et horaires de travail mieux respectés).
 



Par Julie Langlois - Responsable pôle médicaments, programmes internationaux
 

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