Usage de droguesLa 21e Conférence internationale de réduction des risques s'ouvre à Liverpool dans un contexte de régressionCette 21e Conférence internationale de réduction des risques s'est ouverte dans un lieu hautement symbolique. Liverpool est en effet un des lieux qui a vu la naissance des programmes d'échanges de seringues, et l'impulsion de la réduction des risques. Pourtant, alors que ce type de programmes est mis en place depuis plus de 25 ans, les difficultés perdurent, voire augmentent. Ici comme ailleurs. La lutte contre le VIH a joué un grand rôle dans la mise en place des politiques de réduction des risques. Et pourtant ! Aujourd'hui minoritaire en Europe de l'Ouest, la contamination liée à l'usage de drogues injectables (notamment par le partage de seringues) occupe, dans de nombreux pays d'Europe de l'est, d'Asie centrale et d'Asie, une place croissante parmi les nouvelles infections par le VIH. Elle atteint ainsi 50 % en Indonésie, 66 % en Russie... et 90 % au Bangladesh ! Des manques encore criants En plénière d'ouverture, le Pr. Gerry Stimson, directeur du Réseau international de réduction des risques (IHRA) et Michel Sidibé, le directeur de l'Onusida, programme de l'Onu chargé de coordonner les actions des différentes agences onusiennes, l'ont martelé : prévenir ces infections ne doit pas rester un rêve, mais devenir une réalité. « Il est intenable de penser que dans encore 90 pays à revenus limités, les usagers de drogues n'aient pas accès aux services de prévention tels que la substitution par la méthadone et que dans 70 pays, il n'y ait toujours pas de services d'échange de seringues », a déclaré Gerry Stimson. D'autant que ces simples mesures de prévention coûtent bien moins cher que le traitement... et les arrestations et emprisonnements d'usagers. En ouverture de cette 21e Conférence, l'accent a été mis sur le manque de financement alloué à la réduction des risques par les bailleurs internationaux. Or, c'est sur les financements de la lutte contre le VIH que l'on va prendre l'argent nécessaire... Et les efforts du Fond Mondial pour intégrer la réduction des risques dans ses programmes restent très insuffisants pour couvrir les besoins. Dans les pays d'Europe de l'Ouest, on en est au stade du bilan de 25 années de travail. Et de la réflexion pour le renouveau. Parmi les objectifs, stimuler la naissance d'une nouvelle génération d'association de réduction des risques, qui doit prendre le relais et innover. Le défi africain Dans les pays de l'Est, du Caucase et de l'Asie, largement représentés à cette conférence, la situation est très contrastée. Certains témoignent du succès de leurs jeunes programmes, d'autres, d'une dramatique régression. Régression et recul sont d'ailleurs des mots que l'on entend beaucoup à cette conférence. Enfin, si le continent africain n'est pas souvent évoqué dans le programme officiel, on en parle dans les discussions et les débats privés. C'est une terre vierge pour la réduction des risques, mais très largement pénétrée par les drogues injectables et non injectables. Tout y reste à documenter et à faire. Laura Martelli pour Sidaction, Liverpool, 21e Conférence internationale de réduction des risques, 26 avril 2010. haut de page |
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