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VIH-2 et résistance

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Résistance du VIH-2 aux antirétroviraux en Côte d’Ivoire

A la différence du VIH-1, l'épidémie due au VIH-2 est limitée à l'Afrique occidentale où le nombre de patients infectés par le VIH-2 est environ de 1 million de personnes. 8 sous-types du VIH-2 ont été répertoriés à ce jour (de A à H). La résistance primaire du VIH-2 aux antirétroviraux (ARV) est peu documentée dans ces pays. En Côte d'Ivoire, le Dr Thomas d'Aquin Toni, jeune chercheur soutenu par Sidaction et post-doctorant du laboratoire de virologie de l'Université de Bordeaux 2 a mené sur ce sujet un projet , dont il a exposé les premiers résultats lors de l'atelier sur « les cas cliniques de résistance».
 
202 patients non traités par les ARV et infectés par le VIH-2 ont été recrutés pour cette étude. La charge virale était indétectable pour 20 % d'entre eux, ce qui est caractéristique de l'infection par le VIH-2. Chez ceux dont la charge virale était détectable, le taux moyen de lymphocytes CD4 était de 534/mm3. La transcriptase inverse et la protéase ont été séquencées à partir d'échantillons de plasma et analysées pour déterminer les sous-types et rechercher les mutations associées à un échec thérapeutique. La circulation majoritaire des sous-types A (52 %) et B (47 %) est confirmée, en plus de la présence d'un recombinant A/B (1 %) et d'une souche indéterminée (1 %). La prévalence des mutations de résistance aux ARV est de 5,6 %. Certaines de ces mutations, nouvellement mises en évidence, induisent une résistance à la zidovudine (AZT) et à la stavudine (d4T) (transcriptase inverse : D67N et T215Y), ou au nelfinavir (protéase : D30N). D'autre déjà connues sont dues au polymorphisme naturel du VIH-2.
 
Recommandations de prise en charge du VIH-2
 
Les résultats de cette étude, notamment sur le taux de CD4 à l'inclusion, rejoignent les recommandations sur la prise en charge thérapeutique en cas d'infection par le VIH-2, présentées par le Pr Sophie Matheron (service des maladies infectieuses et tropicales de l'Hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris) en pré-conférence :
 
- une intervention plus précoce que pour le VIH-1, dès un taux inférieur à 500 CD4/mm3 et à discuter si la charge virale est détectable (ici supérieure à 100 copies/ml)
 
- une 1ère ligne comportant deux inhibiteurs nucléosidiques et un inhibiteur de protéase boosté (puisque le VIH-2 est naturellement résistant aux inhibiteurs non nucléosidiques et aux inhibiteurs de fusion). Ces ARV sont à choisir en fonction des résistances éventuelles.
 
De plus le niveau élevé de résistance primaire pourrait justifier un changement de la 1re ligne de traitement en remplaçant l'AZT et le D4T par le ténofovir par exemple.
 
Gwendoline de Piedoue pour Sidaction, Casablanca, 30 mars 2010, 5e Conférence francophone sur le VIH/sida
 
Référence :
 
Épidémiologie moléculaire et description de la résistance primaire aux antirétroviraux du VIH-2 en Côte d'Ivoire
T.A. Toni3-2-4, M. Daligou3, V. Yapo2, M. Mbamy3, E. Asahchop1, H. Chenal3, H. Fleury4, M. Wainberg1, B. Masquelier4
1Centre Sida McGill, Institut Lady Davis, Montréal, Canada 2CeDReS 3CIRBA, Abidjan, Côte d'Ivoire 4Université de Bordeaux 2, Bordeaux, France 

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