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Le VIH caché dans des réservoirs

« Attrape-moi si tu peux » !


Avec 12 années de recul, il est aujourd'hui possible de dire que les combinaisons de traitements antirétroviraux sont très efficaces. Elles interviennent sur la réplication du virus et les plus puissantes permettent une réduction de la production du VIH allant jusqu'à « 10 log » après un seul cycle de multiplication.
 
 
Ainsi, la quantité des virus libres dans le sang (charge virale plasmatique ou virémie) devient très rapidement indétectable. Cependant, le VIH n'est pas éradiqué de l'organisme. En effet, si dans la majorité des cas le virus se multiplie au sein des cellules hôtes, il reste parfois à l'état latent, son ADN viral étant intégré à l'ADN cellulaire. Là, le virus est à l'abri des antirétroviraux et du système immunitaire. On parle alors de cellules « réservoirs » du virus.
 
 

Sans qu'on en connaisse les mécanismes, la réplication est par moment réactivée dans les réservoirs, avec comme conséquences la libération de virus dans le sang (re-largage) et l'infection de nouvelles cellules. Selon les chercheurs, ce phénomène serait à l'origine de la charge virale résiduelle sous traitement et obligerait donc à la prise de traitements à vie.
 
 
L'hypothèse de la responsabilité des réservoirs viraux dans la persistance de la virémie a été largement soutenue à Mexico, notamment par Robert Siliciano (USA, université Johns Hopkins), lors de la plénière du 6 août. Ce dernier a démontré que les formes virales persistantes sont stables et identiques au virus initial, ce qui semble invalider l'hypothèse d'une réplication « continue » résiduelle (laquelle favoriserait l'apparition de mutations, ici non observées).
 
 

Aujourd'hui, il apparaît donc que pour lutter contre le VIH, il est nécessaire de « purger » ces réservoirs. Par exemple en réactivant les virus latents, ce qui les rendraient accessibles aux traitements. Les modèles mathématiques suggèrent en effet que sans cette « purge », il faudrait au moins 70 ans pour que l'élimination des virus latents se fasse naturellement. Des recherches sont en cours pour comprendre les phénomènes qui permettent le blocage puis la réactivation du virus au sein des cellules hôtes.
 
 
Par Sophie Lhuillier - Chargée de Communication aux programmes scientifiques

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