Wan Yanhai, militant chinois pour les droits humainsParoles d'acteurs : Wan Yanhai Wan Yanhai avait été parmi les premiers à alerter la communauté internationale de la propagation du VIH en Chine. Emprisonné le 24 août 2002, alors que son ONG AIZHI Action Project, créée en 1994 et soutenue par Sidaction, publiait un rapport sur l'étendue de la propagation du VIH liée aux pratiques frauduleuses de la collecte de sang, il avait été libéré un mois plus tard grâce à une mobilisation internationale en sa faveur. « Le gouvernement m'a vivement conseillé de quitter Beijing pour préserver ma propre liberté et celle de ma famille. » Difficile d'imaginer, en rencontrant Wan Yanhai, comment cet homme si discret, qui a passé vingt ans à œuvrer pour la sensibilisation à la santé, a pu s'attirer les foudres du gouvernement chinois au point de devoir fuir son pays en 2010. Wan Yanhai est habité par une conviction : «Toute personne, quels que soient ses choix de vie, a des droits et il faut les respecter. » Plein d'espoir, au sortir de ses études de médecine, il travaille pendant cinq ans pour le département de la santé publique chinois. Mais très vite, ses travaux, et surtout les personnes à qui il vient en aide (homosexuels, trans et bisexuels, séropositifs...), posent problème. En 1994, il est licencié et désavoué. « J'ai alors créé ma propre association car le gouvernement chinois soigne les séropositifs mais n'organise aucune campagne de sensibilisation. Les gens ne savent pas quels risques ils encourent ni comment se protéger. » Messages de prévention à la radio, chroniques dans les journaux, formation des militants sur le terrain, conférences dans les universités, pendant dix ans, Wan Yanhai, soutenu par Sidaction, ne ménage pas ses efforts. « Puis les sanctions sont arrivées. J'ai été interdit de conférence dans les universités, puis de parole dans les médias. La police a accentué ses pressions sur l'organisation, sur ma personne et ma famille. » C'est contraint et forcé qu'il quitte la Chine. « Je supporte mal l'exil, confesse-t-il, même si je jouis aujourd'hui d'une grande liberté d'action ». Employé dans des radios sino-américaines, Wan Yanhai continue de sensibiliser, à distance : « Quand je parle, quand j'écris, mon opinion compte, y compris dans le gouvernement où j'ai quelques alliés. J'ai bon espoir de pouvoir rentrer d'ici un an car la contestation civile grandit. Si l'Etat ne veut pas avoir à emprisonner tout le monde, il devra changer. » Camille Liewig Article publié dans la revue Altermondes Retour à la liste des actus |
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