Afrique : le tribut payé par les jeunes femmes

En 2013, malgré des progrès importants, 35 millions de personnes vivent avec le VIH, 1,5 million de personnes sont décédées de leur infection et 2,1 millions de nouvelles infections ont eu lieu.
Publié le 23.07.2014.
Mis à jour le 21.08.2019.

 Chaque jour dans le monde, 6 000 nouvelles personnes se contaminent. Parmi elles, deux tiers vivent en Afrique subsaharienne et un tiers sont âgées de 15-24 ans. En Afrique du Sud, les jeunes femmes payent un tribut extraordinairement élevé à l’épidémie. Selon des données recueillies entre 2009 et 2012, la prévalence du VIH chez les jeunes femmes enceintes vivant en zone rurale est de 8,4 % chez celles âgées de 16 ans ou moins, et elle passe à 44,8 % chez les 23-24 ans.

Une étude réalisée en 2010 dans des écoles sud-africaines de zone rurale révèle que la prévalence est de 1 % chez les garçons âgés de 15 ans ou moins et de 2,8 % chez les filles de la même tranche d’âge. L’inégalité est déjà présente à ces jeunes âges, mais encore limitée.

Le fossé se creuse vite : chez les jeunes de 20 ans ou plus, les hommes connaissent une prévalence de 1,8 %, tandis que chez les femmes, elle est de 24,7 %. Une étude des différents virus a montré que très peu des jeunes filles avaient été contaminées avec des garçons de leur école. La piste explicative est celle d’une contamination au cours de rapports sexuels avec des hommes plus âgés, notamment des travailleurs migrants.

Ces données rappellent combien il est urgent d’agir au niveau des « populations clés » (jeunes femmes en Afrique, travailleurs du sexe, HSH et transgenres, usagers de drogue), de renforcer les systèmes de santé et de lutter contre toutes les discriminations.

 

Neijma Lechevallier (Sidaction)