L’étude SNACS : des recommandations contre la malnutrition

Dirigée par Cécile Cames, et soutenue par l’ANRS, Expertise France/Initiative 5% et Sidaction, l’étude SNACS décrit la mise en œuvre et les effets de programmes nutritionnels sur des enfants et adolescents séropositifs au Sénégal...
Publié le 06.07.2020.

La malnutrition n’est pas rare chez les enfants vivant avec le VIH dans les pays à faibles revenus : des études récentes permettent de considérer qu’elle concerne 16 à 33% des jeunes traités pour le VIH. Malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, on constate encore un manque de programmes de soutien nutritionnel conduits de manière parallèle aux programmes de traitement du VIH. Une publication récente, cosignée par Fatou Niasse, du Conseil national de lutte contre le sida, Dakar, et Marie Varloteaux, de l’équipe TransVIHmi de l’IRD, Montpellier, apporte des données sur la façon de conduire au mieux ces programmes. Cette publication porte sur l’étude SNACS, menée en 2015 et 2016 auprès de jeunes âgés de 5 à 18 ans, suivis pour le VIH et présentant une malnutrition aigüe. Des aliments nutritionnels (une pâte lipidique enrichie en vitamines et minéraux) étaient fournis à ces jeunes pour contrer la perte de poids, qu’ils soient ou non en situation d’insécurité alimentaire.

En un mois, plus de 60% des 173 participants ont récupéré un poids normal pour leur âge. La recherche a permis de mettre à jour les difficultés liées à l’usage régulier de ces aliments thérapeutiques, notamment les contraintes de prise et la non connaissance du statut sérologique. Le goût et la consistance de ces produits ne sont pas toujours appréciés et peuvent conduire assez souvent à des formes de dégoût. Ils peuvent en outre provoquer diarrhées et vomissements, et la sous-consommation par rapport aux doses prescrites est très fréquente. Plus la famille se trouve en situation d’insécurité alimentaire, plus les jeunes auront tendance à partager, volontairement ou non, les produits fournis. Enfin, les jeunes ne connaissant pas leur statut sérologiques étaient moins enclins que les autres à suivre le programme nutritionnel.

Malgré ces difficultés, ceux qui ont récupéré un poids normal pour leur âge expriment la satisfaction et la fierté d’avoir pris du poids : ils se sentent plus forts et mieux reconnus par leurs camarades, mêmes s’ils ont dû cacher, la plupart du temps, l’usage de ces aliments.

Ces données permettent aux chercheurs de formuler un certain nombre de recommandations pour la mise en place optimale de ce type de programmes. Ils plaident notamment pour l’adaptation des programmes aux besoins spécifiques des jeunes et pour le renforcement de leur implication dans leurs démarches de santé.

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