« Shock and kill » : quoi de neuf ?

La romidepsine est la première molécule à montrer un effet sur le réveil du virus latent caché dans les réservoirs de patients sous traitement antirétroviral (ARV).
Publié le 23.07.2014.

Présenté mardi 22 juillet à AIDS 2014, ce résultat s’inscrit dans la stratégie « shock and kill » pour l’éradication du VIH de l’organisme. Le « shock » consiste à stimuler la réplication du virus latent dans les cellules infectées (réservoirs).

Ces dernières deviennent alors visibles par le système immunitaire et les antirétroviraux (ARV), et peuvent ainsi être détruites : c’est le « kill ». La présence de VIH intégré au génome de la cellule hôte, bloqué (de manière réversible) à ce stade de réplication, serait la principale cause de persistance de l’infection dans l’organisme malgré la prise d’un traitement efficace supprimant la charge virale (quantité de virus actif dans le sang).

Parmi les enzymes chargées de réprimer ou d’activer la transcription des gènes dans la cellule, on trouve les histones désacétylases (HDACs). En 2012, l’anticancéreux SAHA (suberoylanilide hydroxamic acid) est le premier inhibiteur d’HDACs ayant montré la possibilité de réactiver le virus.

L’étude présentée par Ole S. Søgaard (Aarhus University Hospital, Danemark) à Melbourne est la première induisant une réplication virale chez des patients sous ARV (étude sur six patients). Elle met en jeu la romidepsine, un autre inhibiteur d’HDACs, également un anticancéreux.

Pour l’instant cette activation temporaire reste ténue et ne semble pas présenter pas de risque pour les patients. Mais elle n’est pas corrélée à une diminution du virus latent. Ce qui suggère que le « shock » permet de réactiver les virus cachés dans les cellules, mais est insuffisant pour purger les réservoirs.

Pour le « kill », le renforcement du système immunitaire contre le VIH est à l’étude. Un nouvel essai débute dans l’équipe de Ole S. Søgaard, combinant la romidepsine et un vaccin thérapeutique.

 

Sophie Lhuillier (Sidaction)