Données épidémiologiques VIH/sida France 2019

Le sida en France : une épidémie bien réelle

En 2018, le nombre de découvertes de séropositivité VIH avait été estimé à 6 200 en France, soit une diminution de 7% par rapport à 2017. Ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2019, en raison d’une sous-déclaration plus importante qu’à l’accoutumée, compte tenu notamment de la mobilisation des biologistes et des cliniciens sur l’épidémie à SARS-CoV-2 dès le début de l’année 2020. 

IMPACT DE LA PANDÉMIE À SARS-COV-2 SUR LE DÉPISTAGE VIH

Le nombre de sérologies VIH réalisées en 2019 est évalué à 6,169 millions, en augmentation de 6% par rapport à 2018. En revanche, une chute importante est observée en mars-avril 2020 (mois du confinement). Elle a été plus marquée chez les plus jeunes (en particulier les 15-24 ans) et les plus âgés (les 50 ans et plus). Le nombre de sérologies a ensuite ré-augmenté en mai et juin, sans atteindre les niveaux observés en début d’année. Au total, la chute du nombre de sérologies VIH observée n’a pas été compensée par un rattrapage au cours de l’été, ce qui laisse craindre un déficit global de dépistages en 2020.


Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les autres hommes (HSH), l’enquête Rapport au sexe (ERAS) a montré que la période de confinement mise en place à la suite de la première vague de l’épidémie a eu pour effet une moindre fréquence des relations sexuelles avec des partenaires occasionnels. Mais un report du recours au dépistage du VIH était également signalé par plus d’un quart des répondants. On peut ainsi craindre une augmentation du délai au diagnostic de l’infection à VIH. Ce qui aurait alors un impact défavorable sur la prise en charge des personnes concernées.

QUELS PROFILS DES DECOUVERTES DE SEROPOSITIVITE ?

Il est possible de décrire les personnes ayant découvert leur séropositivité entre le 1er janvier 2019 et le 30 septembre 2020, à partir des déclarations reçues jusqu’à cette date. Selon ces données brutes, les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) et les hétérosexuel·le·s né·e·s à l’étranger restent les 2 groupes les plus touchés et représentent respectivement 43% et 37% des découvertes de séropositivité déclarées entre janvier 2019 et septembre 2020. Par ailleurs, les personnes âgées de moins de 25 ans représentent 13% des découvertes et celles de 50 ans et plus, 21%. Des proportions similaires à celles observées en 2017-2018.

TROP DE DÉCOUVERTES A UN STADE AVANCÉ

En 2019-2020, 26% des découvertes de séropositivité sont des diagnostics à un stade avancé (stade sida ou moins de 200 CD4/mm3 hors primo infection), contre 25% pour 2017-2018. Comme les années précédentes, ces diagnostics sont plus fréquents chez les personnes usagères de drogues injectables (UDI) (35%) et les hétérosexuel·le·s (31%) que chez les personnes transgenres (20%) et les HSH (17%).

RENFORCER LE DÉPISTAGE : UNE PRIORITE

Malgré les progrès en termes de recommandations et de diversification de l’offre, « le dépistage demeure le maillon faible de la cascade du VIH en France », comme l’indique Santé Publique France. En effet, l’accroissement du volume de tests ne suffit pas à réduire rapidement le délai entre infection et diagnostic. Pour réduire plus fortement le nombre de personnes séropositives ignorant leur statut et appliquer les recommandations de fréquence de dépistage, il est nécessaire d’augmenter la couverture de ce même dépistage auprès des populations les plus exposées.


Rappelons que le dépistage régulier des autres IST, couplé à celui du VIH, est indispensable dans une approche globale de santé sexuelle. Un diagnostic précoce des IST chez les personnes découvrant leur séropositivité et leurs partenaires, suivi d’un traitement conforme aux recommandations, est indispensable pour interrompre leur transmission.


Chiffres : Santé Publique France