Données épidémiologiques VIH/sida monde - 2014

Les statistiques mondiales de l'épidémie de VIH/sida.

Un virus à peine moins meurtrier grâce à une meilleure couverture virale.

 

A l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Onusida a publié le 24 novembre son rapport annuel présentant les statistiques mondiales sur l’épidémie de VIH/sida. Dans certaines zones, notamment en Europe, le nombre de nouvelles infections et de décès continue de croître de façon préoccupante.

 

15,8 millions de personnes vivant avec le VIH sont désormais sous traitement antirétroviral, estime l’Onusida. Cette thérapie sert non seulement à prévenir les maladies et les décès liés au sida, mais permet aussi de réduire sensiblement le risque de transmission du virus. « Une réalisation jugée impossible il y a 15 ans » se félicite l’organisme. En conséquence, le nombre de personnes vivant avec le virus continue d’augmenter, et s’élève désormais à 36,9 millions.

 

Si les nouvelles infections à VIH ont « chuté » de 35% depuis 2000, c’est surtout parmi les moins de 15 ans qu’elles ont diminué, en raison des progrès pour prévenir la transmission mère-enfant. Chez les adultes, la baisse des nouvelles infections est hélas nettement moins conséquente : 1,8 million en 2014 contre 2 millions en 2008. « Un nombre inacceptablement élevé de nouvelles infections à VIH et de décès liés au sida surviennent encore chaque année », rappelle l’organisation onusienne. 2 millions de personnes au total ont en effet été infectées par le VIH en 2014 tandis que 1,2 million est décédé du sida. Chaque jour, 5600 personnes sont donc nouvellement infectées. Parmi elles, un tiers a entre 15 et 24 ans, et 12% sont des enfants. 

 

Le rapport présente donc une « stratégie d’accélération » pour atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie, qui consiste en une action ciblée sur les zones les plus à risque d’infection. Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onusida, assure que « nous ne pouvons gagner contre le VIH en restant au niveau global ». 50 expériences locales aux résultats encourageants sont ainsi listées pour étayer cette approche. 9 milliards de dollars manquent néanmoins actuellement pour la mettre en œuvre.

 

Malgré les avancées constatées, le combat reste à mener en Afrique subsaharienne, région du monde la plus touchée où 25,8 millions de personnes vivent avec le VIH dont 2,3 millions d’enfants.

Par ailleurs, la situation demeure « effrayante » - selon les mots prononcés par Michel Sidibé dès 2010 - en Europe orientale et en Asie centrale. Dans un communiqué publié le 26 novembre, l’OMS Europe a signalé « un nombre record de nouvelles infections à VIH en une année [142 000], jamais vu depuis les débuts de l’épidémie dans les années 1980 ». En 14 ans, cette région a vu son nombre de nouvelles infections exploser (+30 %), faute « d’un environnement sûr, respectueux, (…) et sans discrimination ». Même constat alarmant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avec 26 % de nouvelles infections. Pour ces deux zones, la couverture antirétrovirale ne dépasse respectivement pas les 18 et 14 %, ce qui explique pourquoi le nombre de décès a triplé depuis 2000. 

 

Les chiffres à retenir :

  • 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde.
  • 17,1 millions de personnes ignorent qu’elles sont porteuses du VIH.
  • 2 millions de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH en 2014, soit 5600 nouvelles infections par jour dont un tiers concerne des jeunes entre 15 et 24 ans.
  • 15,8 millions de personnes porteuses du VIH avaient accès à un traitement antirétroviral en juin 2014. Mais 22 millions n’ont toujours pas accès à cette thérapie contre le VIH.

 

Source : rapport mondial Onusida 2014.