RECHERCHE Clinique Epidémiologie

Relation entre cannabinoïdes sanguins et profil d’insulinorésistance chez les patients co-infectés par le VIH et le VHC
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FINANCEMENT

Porteur du projet : Jean-Michel GAULIER

Equipes Partenaires :  Patrizia Carrieri (UMR1252 Sciences économiques et sociales de la santé & traitement de l’information médicale – MARSEILLE)

Laboratoire : Laboratoire de toxicologie - CHU de Lille - LILLE - Haut de France

Montant : 64 090 € - Durée : 24 mois

RESUME

Contexte

Par rapport à la population générale, les personnes atteintes par une hépatite virale C chronique présentent un risque plus important de survenue de diabète et d’autres complications métaboliques, cardiovasculaires et hépatiques. Cette survenue de complications peut être influencée par la co-infection avec le VIH, mais aussi par des comportements (par exemple la consommation d’alcool et de tabac) et les modes de vie. Même après l’introduction de nouveaux traitements (médicaments antiviraux à action directe) permettant une guérison sans effets secondaires du virus de l’hépatite C (VHC), ces comportements continuent à jouer un rôle important après la guérison du VHC sur la progression de la maladie du foie, les autres maladies associées et le risque de décès.

Les études conduites sur la cohorte HEPAVIH ANRS CO13 de patients co-infectés par le VIH et le VHC ont montré l’effet négatif de la consommation d’alcool sur la progression de la maladie hépatique, et l’effet de la consommation de tabac sur le risque de décès quelle que soit la cause, ainsi que sur la mortalité due exclusivement au VHC. A l’opposé, une étude récente a montré un effet protecteur de la consommation élevée de café et de l’usage régulier de cannabis (deux substances contenant des principes actifs anti-inflammatoires) sur les décès liés au VHC. Le cannabis semble également avoir un effet protecteur sur la survenue de la stéatose hépatique (« foie gras » de l’homme) et sur le risque de diabète. Ce dernier est mesuré par un indicateur appelé HOMA-IR. Cet indicateur est par ailleurs beaucoup utilisé en pratique clinique car il semble également prédire la progression de la maladie du foie.

Objectifs

A partir de prélèvements sanguins, ce projet vise à mesurer des marqueurs de l’inflammation, des substances consommées et surtout des substances dites «  endocannabinoïdes ». Ces dernières sont produites par l’organisme par l’intermédiaire du système « endocannabinoïde » qui exerce un rôle d’équilibre (homéostasie) sur tous les systèmes de l’organisme, en particulier sur le système métabolique. Ce projet a donc pour objectif d’évaluer les effets que l’ensemble de ces indicateurs, mais aussi que la consommation auto-déclarée des substances en elle-même, ont sur le système métabolique des personnes vivant avec le VIH.

Nous proposons d’étudier comment (et, si possible, pourquoi) les différents biomarqueurs peuvent prédire des niveaux élevés de l’HOMA-IR. Nous voulons également comprendre si la guérison du VHC permet de modifier les niveaux de ces marqueurs du fonctionnement du système endocannabinoïde. Enfin, puisque le VIH et le VHC sont des maladies inflammatoires, nous cherchons à comprendre si certains de ces biomarqueurs sont associés aux marqueurs de l’inflammation.

Méthodes

Pour cela, nous allons utiliser une étude comparant les patients d’HEPAVIH ayant un HOMA-IR normal avec les patients d’HEPAVIH ayant un HOMA-IR élevé dans les 36 mois précédant la guérison du VHC. Une seconde mesure du HOMA-IR est prévue dans les 36 mois après la guérison afin d’étudier l’effet de la guérison sur l’évolution de ces marqueurs.

Résultats attendus

En termes de perspectives, cette recherche permettra non seulement d’identifier de nouveaux marqueurs de complications métaboliques et hépatiques, mais aussi de mieux connaître les mécanismes d’action des composants présents dans certaines substances – comme le cannabis ou le café, par exemple – sur l’évolution ou la rémission de ces complications chez les patients coinfectés par le VIH et le VHC, à l'époque où il est possible de contrôler le VIH et de guérir le VHC.

Année

2020