RECHERCHE Fondamentale Physiopathologie

Prévention de la transmission muqueuse du VIH-1 par les cannabinoïdes
Jeunes Chercheurs, Recherche Fondamentale

FINANCEMENT

Porteur du projet : Ciao BONFIM

Responsable Scientifique : Yonatan GANOR

Laboratoire : INSERM U1016/CNRS UMR8104 - Institut Cochin - PARIS - Ile-de-France

Montant : 97 672 €- Durée : 24 mois

RESUME

Contexte: Les cannabinoïdes (CB) sont utilisés depuis des siècles à des fins récréatives et médicales. Cette famille de composés comprend des molécules ayant des effets psychoactifs (comme le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) provenant de la plante de marijuana) et d'autres molécules produites naturellement dans l'organisme et appelées endocannabinoïdes (eCB, comme l'anandamide (AEA)). Ces molécules activent plusieurs récepteurs (à savoir CB1, CB2, TRPV1) et affectent ainsi de nombreux processus de régulation dans l'organisme. Par exemple, les CB suppriment les fonctions du système immunitaire. Bien que les CB aient des effets bénéfiques lors d'une infection par le VIH-1, leur capacité à empêcher l'acquisition du VIH-1 reste inconnue.

Résultats antécédents: La transmission du VIH-1 se produit principalement lors de rapports sexuels non protégés, lorsque le virus envahit l'organisme par les surfaces muqueuses. Le VIH-1 infecte très rapidement différents types de cellules immunitaires résidant à ces endroits, à savoir les macrophages et les cellules de Langerhans (LC) qui peuvent transférer le virus infectieux aux cellules T CD4+, les principales cibles cellulaires du VIH-1. Ce processus est appelé ‘trans-infection’. Nous avons déjà découvert un mécanisme qui limite la trans-infection, impliquant un dialogue complexe entre le système nerveux et le système immunitaire. Ainsi, toutes les surfaces des muqueuses sont innervées par des neurones périphériques appelés nocicepteurs, qui expriment le TRPV1 et transmettent au cerveau les informations relatives à la douleur. Lorsque le TRPV1 est activé, les nocicepteurs sécrètent également différentes molécules de communication neuronale appelées neuropeptides, telles que le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP). Nos études ont montré que : 1/ le CGRP communique également avec les LC et module leur fonction, ce qui entraîne une très forte inhibition de la trans-infection par le VIH-1; 2/ les LC expriment également le TRPV1 et, comme pour les nocicepteurs, l'activation du TRPV1 dans les LC induit la libération du CGRP qui inhibe la trans-infection par le VIH-1.

Hypothèse et objectifs: Nous faisons l’hypothèse que l'AEA pourrait agir via le TRPV1 dans les LC, pour induire la sécrétion de CGRP et inhiber la trans-infection par le VIH-1. Nous supposons également que l'AEA/THC pourrait agir via CB1/CB2 dans les LC et les macrophages et inhiber la transmission du VIH-1 en immunosupprimant directement leurs fonctions. Nous allons donc étudier si/comment l'AEA et le THC inhibent la transmission du VIH-1.

Perspectives: Les connaissances obtenues grâce à ces études pourraient être exploitées pour le repositionnement de la marijuana médicale et/ou des formulations ciblant les CB, actuellement en cours de développement, contre la transmission muqueuse du VIH-1. Cette nouvelle approche neuro-immune à base de CB représente une stratégie originale contre le VIH-1

Année

2020