En marge du One Health Summit du 7 avril 2026, les associations Aides, Sidaction, Coalition PLUS, ONE, Action Santé Mondiale et Solthis[a][b] dénoncent une contradiction flagrante entre les discours et les actes du président de la République la France en matière de santé mondiale. Alors que la France accueille ce sommet consacré à la coopération sanitaire internationale, elle réduit de 60 % sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme — une coupe inédite parmi les principaux donateurs.
Une action symbolique pour alerter sur l’urgence
Pour dénoncer cette situation, les militants se sont rassemblés-es sur la place des Terreaux un peu après midi pour exiger un rétablissement immédiat des financements et alerter sur les conséquences dramatiques de ce désengagement pour les populations les plus vulnérables. L’objectif : interpeller directement les décideurs-ses, les participants-es, les médias et l’opinion publique sur l’hypocrisie d’un État qui organise un sommet sur la santé mondiale tout en démantelant ses propres engagements financiers.
Un héritage bafoué : la France, de leader à fossoyeur de la santé mondiale
La réunion de haut niveau du One Health Summit aurait pu être la dernière étape d’une histoire particulièrement riche entre la France et la santé mondiale. Cet héritage a été notamment marqué par un rôle de premier plan dans la lutte contre les maladies transmissibles, du vaccin contre la rage à la découverte du VIH en passant par la création des principaux fonds multilatéraux en santé, le Fonds mondial ou Unitaid. Mais alors que la fin du VIH, de la tuberculose et du paludisme étaient en ligne de mire, la France vient de baisser les bras. A l’heure ou les Etats-Unis abandonnent leur rôle de leader mondial de la solidarité internationale, la France n’a pas su être à la hauteur de l’urgence.
Emmanuel Macron a inscrit la santé mondiale dans les grandes victoires de ses mandats, auréolé du succès de la reconstitution du Fonds mondial à Lyon en 2019 ou de l’inauguration de l’Académie de l’OMS en 2024. Pourtant, il vient d’acter, par son silence complice, une baisse drastique de l’investissement en santé mondiale en coupant de près de 60% la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. C’est la pire coupe de tous les pays donateurs, loin devant les Etats Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne.
Mobilisés-es, nous refusons le silence
Le président fait la sourde oreille à nos demandes répétées, à celles des parlementaires de tous bords et sape des années de progrès, en totale contradiction avec l’ambition affichée au One Health Summit.
Face à ce refus du dialogue et l’amputation d’un milliard d’euros de la contribution française au Fonds mondial, le collectif d’organisations de la société civile que nous représentons ne lui laisse plus le choix d’ignorer nos revendications. Nous nous réunissons à Lyon pour rappeler avec bruit que cette décision est irresponsable et pourrait causer la mort de millions de personnes.
Au nom des communautés les plus affectées par les maladies, de la sécurité sanitaire internationale et des principes fondamentaux de solidarité internationale, nous demandons l’attention du Président : la contribution française au Fonds mondial doit être rehaussée et les niveaux d’ambition de l’aide publique au développement en matière de santé doivent être assurés. Ce qui n’est pas fait aujourd’hui devra être payé au double demain. Aujourd’hui, la France a rendez-vous avec l’histoire, ne la laissons pas rester sur le banc.
Santé mondiale : Macron fait la sourde oreille, les assos lèvent la voix
