Nos actions France

Notre soutien aux acteurs du terrain

Le VIH se banalise dramatiquement, alors que l’on meurt encore aujourd’hui du sida en France. Les défis sont immenses pour qu’un jour le nombre des nouvelles contaminations recule et que toutes les personnes séropositives soient diagnostiquées et soignées. 

En France, la majorité des malades ont accès à des traitements anti-VIH. Les progrès thérapeutiques permettent aux patients efficacement traités de  vivre presque normalement. Leur espérance de vie se rapproche de celle de la population générale. Et les futures mères ont un risque quasiment nul de transmettre le VIH à leur enfant à naître.

 
Et pourtant, seules 64 % des personnes séropositives sont sous traitements. Chaque année, près de 6 200 personnes découvrent leur séropositivité, dont 12 % de moins de 25 ans. Le nombre de nouvelles découvertes ne diminue pas. Les patients traités tôt ont de meilleures chances de contrôle de l’infection et une meilleure espérance de vie. Il faut donc tout mettre en œuvre pour réduire le délai entre la contamination et le dépistage. Même si les Français sont les champions européens du dépistage avec plus de 5 millions de tests réalisés chaque année, on estime que 29 000 personnes ignorent être contaminées par le VIH.
 
Les pistes de progrès sont connues, la plupart des freins aussi. Le déploiement d’une nouvelle offre de dépistage, mieux adaptée aux personnes les plus exposées, peine à se mettre en place. Le plan national de lutte contre le VIH/sida élaboré par le gouvernement pour la période 2010-2014 n’a pas tenu toutes ses promesses. La mise en place des agences régionales de santé sur fonds de baisse des financements publics ne facilite pas le déploiement efficace d’une politique de santé publique adaptée aux besoins des populations. Les logiques des différents ministères notamment ne s’articulent pas toujours au bénéfice de la santé publique.
 

Les progrès scientifiques ont bénéficié au plus grand nombre, mais pas à tous. Parallèlement à cette amélioration thérapeutique, qui permet aujourd’hui aux personnes séropositives dépistées et traitées de vivre, elles ont connu une dégradation de leurs conditions de vie. Si la crise impacte toute la société, les malades, et parmi eux les personnes vivant avec le VIH, sont particulièrement précarisés. Les restes à charge sont importants, avec des problèmes d’accès aux soins, mais aussi au logement. Les obstacles juridiques sont croissants sur la route de ceux et de celles, notamment les migrants, qui tentent de se soigner et de vivre. 

 

Nos actions en France -Sidaction soutient des actions de prévention, d’accompagnement et d’aide aux malades en France depuis le début.

 
Créée dans l’urgence, pour répondre à l’urgence, l’association sélectionne les actions et les programmes qui répondent aujourd’hui encore aux besoins les plus urgents. Sidaction encourage l’innovation et les projets pilotes. Fonctionnant sur le modèle d’un incubateur, elle apporte une expertise technique et des fonds pour permettre la mise en place de programmes innovants puis passe le relais aux acteurs institutionnels.  
 
L’année dernière, avec l’appui des pouvoirs publics, Sidaction a relancé son Concours VIH Pocket Films destiné aux 15-24 ans. L’association se mobilise pour que les jeunes, qui représentent 12 % des nouvelles contaminations, soient mieux et plus informés sur le VIH. Les participants sont invités à réaliser de courtes vidéos au moyen de leur téléphone portable sur le thème de la prévention et de la vie avec le virus. Les vidéos lauréates seront sélectionnées par un jury de professionnels. Elles serviront de supports pour la création d’un outil pédagogique qui sera diffusé dans 19 000 établissements scolaires à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre prochain.
 
L’an dernier, Sidaction a soutenu au total 94 associations et 121 programmes en France pour un montant de 3, 6 millions euros. Parmi ces projets, 22 apportent des aides et un accompagnement aux publics précarisés, 21 aux migrants et 20 sont destinés à la prévention en milieu carcéral et au suivi des personnes malades détenues. Les populations exposées connaissent des prévalences du VIH très importantes, et Sidaction inscrit ainsi ses actions dans les mêmes priorités que celles définies par les instances publiques de santé. Elle apporte une expertise de veille et d’alerte des pouvoirs publics.

La semaine « Flash Test », lancée en 2012 par Sidaction pour faciliter l’accès des homosexuels au dépistage, a ainsi été reprise par l’Etat et mise en œuvre par les agences régionales de santé. La preuve de l’efficacité d’une action ciblée réunissant professionnels du soin et associations communautaires a une nouvelle fois été établie. Le risque de contamination chez les homosexuels est 200 fois supérieur au risque en population générale. Sidaction continue plus largement de mobiliser autour des tests rapides et des autotests, lesquels devraient être autorisés d’ici la fin de l’année. Chacun pourra réaliser son propre test, avant le cas échéant de se rendre en structure hospitalière ou en laboratoire de ville pour confirmation.

Sur tous ces fronts, forte de son expertise, Sidaction participe aux instances de discussion et d’orientation des politiques publiques de lutte contre le VIH.