vih Cabotégravir : la PrEP injectable enfin disponible en France

09.03.26
Angeline Rouers
5 min
Visuel Cabotégravir : la PrEP injectable enfin disponible en France

Après deux ans de négociation sur son prix, le cabotégravir injectable en PrEP est désormais disponible en France et remboursé par l’Assurance maladie depuis le 2 mars 2026. Commercialisé par ViiV Healthcare sous le nom d’Apretude, ce traitement constitue une nouvelle option de prévention du VIH.

Après deux ans de négociation sur son prix, le cabotégravir injectable en PrEP est enfin disponible en France. Produit par ViiV Healthcare sous le nom d’Apretude©, le cabotégravir en usage PrEP a pris du temps à être effectivement commercialisé, notamment en raison de la notation « amélioration mineure du service médical rendu (ASMR IV) » attribuée par la Haute Autorité de santé (HAS).

Cette issue positive est saluée par les experts et les associations, même si certaines incertitudes persistent concernant les recommandations de prescription et le suivi à mettre en place.

L’apretude©, Pris en charge par la sécurité sociale

La France devient l’un des premiers pays de l’Union européenne à rembourser le cabotégravir en PrEP. Parmi ses voisins, le Royaume-Uni prescrit déjà ce traitement depuis mai 2024.

L’arrêté gouvernemental publié le 26 février 2026 ouvre la prise en charge du cabotégravir en PrEP par l’Assurance maladie. Selon la base VIDAL, le prix public d’une injection d’Apretude est annoncé à 1 312 € TTC. Le coût réel pour l’Assurance maladie, qui bénéficie généralement de remises confidentielles négociées avec le laboratoire, n’a toutefois pas été rendu public.

La disponibilité du cabotégravir en PrEP constitue une avancée dans la prévention du VIH. Administré sous forme injectable tous les deux mois, il présente une efficacité au moins équivalente — et possiblement supérieure — à celle de la PrEP orale en comprimés, et pourrait contribuer à réduire les infections par le VIH dans les prochaines années.

Des recommandations encore en discussion

Depuis son autorisation de mise sur le marché par l’Agence européenne des médicaments (EMA) en septembre 2023, le cabotégravir injectable en PrEP est indiqué comme solution de seconde intention, c’est-à-dire dans les cas où la prescription d’une PrEP orale n’est pas possible.

Lors de notre échange en novembre dernier avec Romain Palich, médecin clinicien dans le service d’immuno-infectiologie de l’Hôpital Hôtel-Dieu à Paris, celui-ci nous indiquait que cette recommandation pouvait s’appliquer, par exemple, en cas d’insuffisance rénale ou d’intolérance aux autres traitements de PrEP disponibles.

Aujourd’hui, cette directive n’a pas encore évolué. « De nouvelles recommandations sont en cours de rédaction — et même en relecture pour validation finale — pour ajuster les choses étant donné l’arrivée effective du cabotégravir. Elles devraient paraître très rapidement, mais n’ayant pour le moment pas accès au contenu final, je ne peux pas en communiquer les détails. »

Des réserves concernant les femmes en âge de procréer

Un point a toutefois été mis en avant publiquement depuis l’annonce de la disponibilité du traitement : le cabotégravir en PrEP n’est pas recommandé chez les femmes en âge de procréer. Cette indication relève d’une précaution liée à un risque — très faible — de malformation du tube neural du fœtus observé avec certains inhibiteurs d’intégrase.

« Les données issues des essais cliniques sont rassurantes sur les issues de grossesse survenues sous cabotégravir », explique Romain Palich, qui ajoute : « Je trouverais ça aberrant et contre-productif d’interdire le cabotégravir chez les femmes jeunes, qui est une sous-population qui pourrait réellement bénéficier de la PrEP injectable. »

Le besoin de nouvelles options de PrEP pour les femmes est largement souligné depuis plusieurs années. Même si le cabotégravir peut être administré en association avec un moyen de contraception efficace, cette recommandation pourrait constituer un frein à son utilisation chez les jeunes femmes.

Un suivi à repenser pour assurer le succès du cabotégravir

Les principaux atouts du cabotégravir en PrEP résident dans sa formulation injectable et sa longue durée d’action. Deux caractéristiques qui pourraient faciliter l’observance et donc renforcer son efficacité dans la prévention de l’infection par le VIH.

Un élément pourrait toutefois limiter le succès attendu : les modalités de suivi actuellement prévues. Il est en effet recommandé de réaliser un contrôle de la charge virale avant chaque injection, soit tous les deux mois.

Une procédure qui pourrait compliquer l’accès au cabotégravir. Si les injections peuvent être réalisées en dehors des hôpitaux, notamment dans les CeGIDD, les tests de charge virale restent quant à eux moins accessibles et plus coûteux, d’autant qu’ils ne sont pas pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie dans le cadre de la PrEP.

Sur ce point, Romain Palich indique : « Je pense que le suivi avec la charge virale sera abandonné, et je le souhaite, pour simplifier l’implémentation, mais à confirmer avec les recommandations. »

Si l’arrivée du cabotégravir injectable en PrEP constitue un progrès en matière de prévention, les recommandations attendues dans les prochaines semaines – qui doivent préciser les conditions de prescription et de suivi – détermineront dans quelle mesure cette nouvelle option pourra être déployée à grande échelle.

Photo: CC BY-SA 2.0 – William Murphy

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