Un an après la mise en place du premier programme national d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS), le collectif Droit à l’EVARS publie une enquête nationale sur son application dans les établissements scolaires. Menée auprès de 6 000 établissements et de 192 personnes intervenantes, elle met en lumière les avancées, les difficultés rencontrées sur le terrain et les moyens nécessaires pour garantir ce droit à tous les élèves. Sidaction, membre du collectif, a pris part à la mise en place de l’enquête et à la rédaction des résultats.
Publié en novembre 2026, le rapport « L’EVARS à l’épreuve du terrain : des besoins multiples face à des moyens insuffisants » dresse un état des lieux de la mise en œuvre du programme durant l’année scolaire 2025-2026.
Depuis 2001, la loi prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires. Pourtant, cette obligation reste encore loin d’être pleinement appliquée. L’enquête révèle qu’à l’issue des deux premiers trimestres, seuls 31,6 % des établissements interrogés déclarent avoir organisé les trois séances prévues pour toutes leurs classes.
Le rapport souligne également des inégalités dans les thématiques abordées : les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH, ne sont évoquées que dans 17,1 % des établissements. L’inceste est abordé dans seulement 4,8 % des écoles, 26,4 % des collèges et 20 % des lycées interrogés. Plusieurs freins expliquent ces difficultés : le manque de temps (cité par 60,3 % des établissements), le manque de personnels formés (57,8 %) et les contraintes organisationnelles (39,8 %). Le manque de moyens financiers est également un obstacle majeur : 51 % des établissements interrogés jugent leurs moyens financiers inexistants.
Des séances qui font leurs preuves
L’enquête met aussi en évidence les effets positifs des séances lorsqu’elles sont organisées. Parmi les établissements concernés, 47 % constatent une amélioration des relations entre élèves et 25 % une amélioration du climat scolaire. Les personnes intervenantes extérieures sont par ailleurs 85 % à déclarer recevoir des retours positifs des élèves.
Ces résultats confirment l’importance de l’EVARS pour accompagner les jeunes dans leurs relations, la connaissance de leur corps, la prévention des violences et l’apprentissage du consentement.
Des moyens à la hauteur des enjeux
À partir de ces constats, le collectif Droit à l’EVARS formule plusieurs recommandations : créer une enveloppe budgétaire dédiée de 1,15 milliard d’euros par an, renforcer la formation des équipes éducatives, assurer des financements pérennes aux associations spécialisées et mettre en place une gouvernance et un suivi du programme à l’échelle nationale et territoriale.
Avec cette enquête, le collectif entend documenter les réalités du terrain et appeler les pouvoirs publics à donner aux établissements et aux intervenant·es les moyens de faire de l’EVARS un droit effectif pour chaque élève.
Vous pouvez également retrouver la synthèse ici
EVARS : le collectif Droit à l’EVARS publie une enquête nationale sur sa mise en œuvre à l’école
