vih VIH en France : les découvertes de séropositivité se stabilisent en 2025

05.11.26
Nicolas Gateau
4 min
Visuel VIH en France : les découvertes de séropositivité se stabilisent en 2025

Près de 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH en France en 2025, selon les nouvelles estimations publiées par Santé publique France (SpF). Si la baisse observée depuis 2023 se confirme, l’épidémie continue de révéler d’importantes failles dans l’accès au dépistage : près de quatre diagnostics sur dix sont encore réalisés à un stade tardif.

L’essentiel

  • Environ 4 983 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH en 2025, soit une baisse par rapport à 2023 (5 318 découvertes).
  • Malgré l’augmentation du dépistage, 39 % des infections sont encore diagnostiquées à un stade tardif.
  • Le nombre de diagnostics de sida poursuit sa baisse, avec 613 cas estimés en 2025, un niveau inférieur à celui observé avant la pandémie de Covid-19.

Après le rebond observé à la sortie de la pandémie, le nombre de découvertes de séropositivité semblent se stabiliser. Santé publique France (SpF) estime à 4 983 le nombre de personnes ayant appris leur séropositivité en 2025, contre 5 318 en 2023. Cette diminution repose principalement sur la baisse des diagnostics chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger.

À l’inverse, le nombre de découvertes reste stable chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), qu’ils soient nés en France ou, après plusieurs années d’augmentation, à l’étranger. Plus de la moitié des personnes découvrant leur séropositivité en 2025 sont nées à l’étranger (54 %) et les transmissions hétérosexuelles demeurent le mode de contamination le plus fréquent (53 %), devant les rapports sexuels entre hommes (42 %).

Une activité de dépistage record grâce à « Mon test IST »

L’année 2025 est marquée par une hausse importante de l’activité de dépistage. Environ 9 millions de sérologies VIH ont été réalisées en France, soit 7 % de plus qu’en 2024. Parmi elles, 2,3 millions (soit 25% de l’ensemble des sérologies réalisées) ont été effectuées sans ordonnance dans le cadre du dispositif « Mon test IST », généralisé en septembre 2024.

Les données présentées par Santé publique France montrent notamment une augmentation du recours au dépistage chez les moins de 50 ans depuis la mise en place du dispositif, avec un effet particulièrement visible chez les jeunes adultes.

Près de quatre diagnostics sur dix restent tardifs

Malgré cette progression du dépistage, les diagnostics tardifs demeurent un angle mort de la lutte contre le VIH. En 2025, 39 % des infections sont découvertes à un stade tardif. Les données montrent toutefois une évolution encourageante : les diagnostics réalisés à un stade avancé semblent diminuer depuis quelques années (environ 30 % en 2020 pour 24 % en 2025) tandis que les diagnostics précoces augmentent : entre 2020 et 2025, le nombre de diagnostics à un stade précoce a augmenté de 26% chez les adultes.

Ces chiffres traduisent cependant de nombreuses occasions manquées de dépistage. Selon les données présentées par SpF, la moitié des personnes ayant découvert leur séropositivité en 2025 n’avaient jamais effectué de test VIH auparavant.

Le nombre de diagnostics de sida est estimé à 613 en 2025, en baisse continue depuis 2023. Il s’agit du niveau le plus faible observé depuis de nombreuses années et d’un retour à la tendance à la baisse interrompue pendant la pandémie.

Cette amélioration masque néanmoins une réalité préoccupante : 67 % des personnes ayant développé un sida en 2025 ignoraient leur séropositivité au moment du diagnostic. Parmi celles qui connaissaient leur statut, 15 % n’étaient pas sous traitement antirétroviral.

Les outre-mer, toujours parmi les territoires les plus touchés

En 2025, la Guyane demeure le territoire le plus touché par le VIH avec un taux de découvertes de séropositivité de 656 cas par million d’habitants, très loin devant la moyenne nationale (72 par million). Elle est suivie par Mayotte (386), la Guadeloupe (197) et la Martinique (143), qui affichent également des taux parmi les plus élevés de France.

Ces territoires se distinguent aussi par une forte activité de dépistage. En Guyane, 336 sérologies VIH ont été réalisées pour 1 000 habitants en 2025, contre 260 en Martinique et 268 en Guadeloupe, alors que la moyenne nationale s’établit à 131 pour 1 000 habitants. À l’inverse, Mayotte affiche un recours au dépistage plus faible (114 pour 1 000 habitants) malgré un niveau élevé de découvertes de séropositivité. 🟥

  • Le chiffre de 4 983 découvertes de séropositivité n’est pas un décompte brut mais une estimation statistique. Les données reposent sur le signalement obligatoire du VIH, effectué par les biologistes et les cliniciens. Or tous les diagnostics ne sont pas déclarés : l’exhaustivité du système est estimée à 76 % en 2025, avec de fortes disparités entre l’hôpital (96 %) et la médecine de ville (38 %).

    Pour approcher au mieux la réalité, Santé publique France corrige donc les données pour tenir compte de la sous-déclaration, des retards de transmission et des déclarations incomplètes. Les modèles prennent également en considération certaines situations où une même personne peut avoir plusieurs sérologies positives au cours d’une année. Ce travail de redressement statistique qui permet d’estimer le nombre réel de découvertes de séropositivité.

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