Maladies opportunistes : la vie des personnes séropositives en danger

Les maladies opportunistes définissent le stade sida : le VIH s'attaque aux cellules de notre système immunitaire. Lorsque celles-ci sont en nombre insuffisants, des maladies "opportunistes" peuvent apparaître.

Les maladies opportunistes

Les maladies opportunistes surviennent chez les personnes vivant avec le VIH (PvVIH) dans les situations de prise en charge tardive ou de rupture de prise en charge.

Les traitements antirétroviraux permettent de rendre la charge virale (nombre de copies de virus dans le sang) durablement indétectable et de maintenir ou de restaurer les lymphocytes CD4 (cellules immunitaires ciblées par le VIH). Les maladies opportunistes sont de fait moins fréquentes.

En absence de traitements (chez les personnes ignorant leur statut ou n'ayant pas accès aux traitements) ou lorsque le virus devient résistant, la multiplication du virus est inévitable et les personnes concernées sont confrontées à une baisse de leurs défenses immunitaires entrainant une immunodéficience. C'est dans cette situation que des infections opportunistes se déclarent. Ce sont ces maladies, qui définissent le syndrome d’immunodéficience acquise ou « sida ». En 2017, 940 000 personnes dans le monde sont décédées des maladies liées au sida. En France, 1 620 personnes sont diagnostiquées au stade avancé : nombre de lymphocytes CD4<200/mm3 ou stade clinique de sida.

 

Quelles sont les principales maladies opportunistes ?

Dans les pays à revenu élevé, grâce à la généralisation du traitement antirétroviral, la survenue de maladies opportunistes et la mortalité liée au sida ont diminué. Cependant, dans de nombreuses régions à prévalence élevée du VIH, la tuberculose, l’une des maladies opportunistes, reste la principale cause de mortalité parmi les PvVIH avec 400 000 décès en 2016.

Aux stades avancés de l’infection peuvent survenir des cancers classant sida : lymphomes non hodgkiniens, cancer du col de l’utérus et le sarcome de Kaposi. Les lymphomes non hodgkiniens sont des cancers du système lymphatique, lequel assure la défense immunitaire de l’organisme contre les microbes, les parasites, les toxines ou autres pathogènes. Le cancer du col de l’utérus est causé principalement par une infection persistante à un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV) oncogènes. Depuis 2006, un vaccin préventif quadrivalent est disponible en France. Malgré une efficacité du vaccin à protéger contre 70 à 90% des HPV responsable de ce cancer, la couverture vaccinale reste faible. En outre, des frottis réguliers sont recommandés. Il est conseillé aux jeunes femmes de réaliser un frottis dès le début de leur vie sexuelle. Après deux tests négatifs à un an d’intervalle, un dépistage tous les trois ans est recommandé et permettrait d’éviter jusqu’à 90% des cancers du col de l’utérus. Le sarcome de Kaposi est également lié à un virus, herpès virus humain type 8, et se manifeste par l’apparition de lésions bleuâtres ou violacées sur la peau, les muqueuses buccales ou dans les organes viscéraux plus particulièrement les poumons et le tractus intestinal. Le traitement peut consister en des injections localisées, de la radiothérapie voire de la chimiothérapie.

Ensuite, à des stades très avancés peuvent également survenir la pneumocystose, la toxoplasmose le plus souvent sous forme cérébrale et des complications liées à l’infection à cytomégalovirus. La pneumocystose se traduit par de la fièvre, une toux sèche, des douleurs thoraciques et de l’essoufflement. La toxoplasmose cérébrale se manifeste par des atteintes du cerveau dont les premiers symptômes sont des maux de tête constants et diffus. L’infection à cytomégalovirus se manifeste principalement par une atteinte oculaire, la rétinite, mais peut affecter d’autres organes comme l’œsophage ou le côlon. Une association de médicaments préventifs contre la pneumocystose et la toxoplasmose cérébrale existe, le co-trimoxazole. Il s’agit d’un antibiotique peu onéreux recommandé par l’OMS.

 

Quelles sont les principales AUTRES maladies ?

En France, le cancer est la principale cause de mortalité chez les PvVIH. En 2010, 36% des décès y étaient liés. L’augmentation du risque de cancer est liée à l’exposition à des facteurs de risque (tabac, alcool) ou à des virus oncogènes, la réplication du VIH et l’immunodéficience.

Les hépatites virales A, B et C sont des co-infections qui touchent un grand nombre de PvVIH. En France, 37% à 72% des PvVIH sont infectés par le virus de l’hépatite A (VHA), 7% présentent une infection active par le virus de l’hépatite B (VHB) et près de 20% sont infectés par le virus de l’hépatite C (VHC). La vaccination contre le VHA est recommandée chez les PvVIH exposées (hommes homosexuels, usagers de drogues et voyageurs en zones d’endémie). La vaccination contre le VHB est recommandée chez toutes les personnes vivant avec le VIH non immunisées. Le traitement est par ailleurs composé d’antirétroviraux également efficaces contre le VIH, mais qui ne permettent pas la guérison. Contre le VHC, il n’existe pas de vaccin, mais les traitements actuels, des antiviraux directs, permettent la guérison dans plus de 90% des cas.