À l’occasion du congrès AFRAVIH 2026, organisé à Lausanne du 4 au 7 mai, les acteurs francophones engagés dans la lutte contre le VIH se réunissent pour partager connaissances, pratiques et avancées scientifiques. Sidaction contribue activement aux échanges en valorisant ses activités et celles de ses partenaires, notamment celles cofinancées par l’Agence française de Développement (AFD) dans le cadre du programme TREMPLINS 2.

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Qualité de vie des personnes vivant avec le VIH : des avancées globales, mais des fragilités persistantes
Lors de la session « Communautés et innovations en santé » du congrès AFRAVIH 2026, mardi 5 mai au matin, Marine Lalique, responsable suivi-évaluation à Sidaction, a présenté les résultats d’une enquête inédite sur la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), menée par Sidaction – dans le cadre du programme TREMPLINS II – en partenariat avec cinq associations d’Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est.
Réalisée auprès de 1 739 patient·es suivis dans des structures communautaires en Côte d’Ivoire (Centre SAS, Espace confiance), au Togo (EVT), au Cameroun (Horizons Femmes) et au Burundi (SWAA Burundi), cette étude vise à documenter, au-delà des indicateurs médicaux, le vécu global des personnes vivant avec le VIH. « Avec l’accès aux traitements, le VIH est devenu une maladie chronique. Mais vivre avec le VIH continue d’avoir des impacts multiples sur la vie quotidienne », a souligné Marine Lalique, évoquant notamment les effets secondaires, les difficultés relationnelles, les stigmates ou encore l’anxiété liée à la maladie.
L’enquête s’appuie sur une méthodologie structurée, reposant sur l’échelle ProQOL-HIV, un outil validé qui mesure la qualité de vie selon quatre dimensions, évaluées sur 100: la santé physique, les relations sociales et intimes, le bien-être émotionnel et le rapport au traitement. Administré par des acteurs communautaires dans les centres associatifs, le questionnaire a permis de recueillir des données à la fois quantitatives et contextuelles, intégrant des variables socio-économiques, médicales et démographiques.
Les résultats montrent un niveau global de qualité de vie relativement élevé, avec un score moyen de 86,2 sur 100, traduisant une perception globalement positive chez les personnes interrogées. Les dimensions liées à la santé physique (90,9) et aux relations sociales et intimes (89,9) apparaissent particulièrement satisfaisantes.
En revanche, l’étude met en lumière des fragilités importantes, notamment sur le plan émotionnel : le score de bien-être psychologique et des inquiétudes liées à la santé chute à 78, faisant de cette dimension la plus vulnérable. De même, le rapport au traitement, bien que globalement positif, révèle des difficultés persistantes pour une partie des personnes interrogées (85,8).
L’analyse des facteurs associés confirme par ailleurs le poids des déterminants sociaux et médicaux. La précarité économique, la présence de comorbidités, une découverte récente de séropositivité ou encore le sentiment de ne pas être acteur de son parcours de soins sont autant d’éléments liés à une moindre qualité de vie.
L’étude souligne également des inégalités marquées : les jeunes, les femmes et les personnes appartenant à des populations clés – notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes transgenres – présentent des niveaux de qualité de vie plus faibles.
Au-delà des résultats, cette enquête se veut aussi un outil de renforcement des capacités des associations partenaires. Elle ouvre la voie à une appropriation des méthodologies d’évaluation et à une meilleure intégration des enjeux de qualité de vie dans les stratégies de prise en charge. « L’objectif est désormais d’approfondir ces analyses avec les acteurs concernés et de diffuser largement ces outils auprès d’autres structures », a conclu Marine Lalique.
Ces travaux rappellent ainsi que la réponse au VIH ne peut se limiter aux seuls indicateurs biologiques et qu’elle doit pleinement intégrer les dimensions sociales, psychologiques et structurelles qui façonnent le vécu des personnes concernées.
Session: Communautés et innovations en santé (S5)
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AFRAVIH 2026 : l’Appel de Lausanne pour relancer la riposte contre le VIH
À l’occasion de la conférence AFRAVIH 2026, les organisateur de la conférences ont lancé l’Appel de Lausanne, un plaidoyer en faveur d’une remobilisation urgente face aux menaces qui pèsent sur la lutte contre le VIH.
Dans un contexte marqué par des coupes budgétaires, des crises géopolitiques et des reculs des politiques de santé, les signataires alertent sur le risque réel d’un retour en arrière, avec une possible recrudescence des infections et des décès liés au VIH pour la première fois depuis plusieurs décennies.
Le texte souligne également les inégalités persistantes d’accès au dépistage, aux traitements et à la prévention, malgré les avancées scientifiques majeures qui permettent aujourd’hui de contrôler efficacement l’épidémie.
Dans ce contexte, l’Appel de Lausanne plaide pour un renforcement des financements, une protection accrue des droits des populations les plus exposées et un soutien durable aux acteurs communautaires, indispensables à la riposte.
Plus qu’un constat, cet appel se veut un signal de ralliement international, invitant gouvernements, bailleurs, institutions et société civile à intensifier leurs efforts pour mettre fin au VIH, ainsi qu’aux hépatites virales.
👉 Professionnels de santé, acteurs associatifs, citoyens engagés : il est encore temps de se mobiliser. Signez l’Appel de Lausanne et contribuez à défendre une réponse globale, équitable et durable face au VIH.


AFRAVIH 2026 : malgré les reculs, les acteurs de la lutte contre le VIH toujours mobilisés
