Encore trop peu connue et inégalement accessible, la PrEP reste sous-utilisée en France, malgré son efficacité élevée contre le VIH. Dans un communiqué, Le Conseil national du sida (CNS) appelle à un changement de regard et à un élargissement de son accès à toutes les populations concernées.
L’essentiel
- La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un outilde prévention efficace mais encore sous-utilisée, malgré une prise en charge intégrale depuis 2016.
- Les inégalités d’accès restent très marquées, touchant particulièrement les publics les plus exposés et les plus précaires.
- Pour changer la donne, un changement de regard et des innovations, comme la PrEP injectable, sont nécessaires pour élargir son usage.
Disponible en France depuis 2016 et entièrement prise en charge par l’Assurance maladie, la prophylaxie pré‑exposition (PrEP) s’impose comme un levier essentiel de prévention du VIH. Ce traitement, destiné aux personnes séronégatives, repose sur la prise d’antirétroviraux pour éviter une contamination lors de rapports sexuels sans préservatif.
Son efficacité est démontrée, atteignant plus de 90 % lorsqu’elle est correctement suivie. Pourtant, son recours demeure insuffisant. Près de la moitié des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), pourtant particulièrement concernés, n’y ont pas recours, notamment parmi les plus jeunes.
D’autres populations exposées — personnes migrantes, travailleurs et travailleuses du sexe, personnes trans ou en situation de précarité — restent largement à l’écart, souvent par manque d’information ou en raison d’obstacles administratifs, sociaux ou linguistiques. Chaque année, environ 5 000 découvertes de séropositivité rappellent ainsi les marges de progression possibles en matière de prévention.
Changer de regard pour élargir l’accès de la PrEP
Pour le Conseil national du sida, la PrEP — qui alerte sur la situation à l’occasion de la Semaine nationale de santé sexuelle — souffre encore d’une image restrictive. Elle est trop souvent perçue comme un outil « destiné aux gays » ou réservé aux personnes en échec des autres stratégies de prévention. Une vision qui freine sa diffusion, alors même qu’elle devrait être considérée comme une option parmi d’autres, au même titre que le préservatif ou le dépistage.
L’institution appelle ainsi à « déhiérarchiser » les outils de prévention et à promouvoir une approche plus inclusive, adaptée aux parcours et aux besoins de chacun. Cela passe notamment par une meilleure mobilisation des professionnels de santé et des campagnes d’information plus larges.
L’arrivée récente de la PrEP injectable à longue durée d’action, administrée tous les deux mois, ouvre de nouvelles perspectives. Moins contraignante que la prise quotidienne de comprimés, elle pourrait lever certains freins et toucher de nouveaux publics, notamment les femmes. Mais sans un effort préalable pour améliorer l’accès et l’information, ces innovations risquent de bénéficier principalement aux personnes déjà intégrées dans les dispositifs existants.
Dans ce contexte, le CNS appelle les pouvoirs publics à faire de la PrEP un outil de première ligne et à garantir un accès réel et équitable à toutes les personnes susceptibles d’en bénéficier. 🟥
PrEP : un outil efficace encore sous-utilisé
